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Nouvelles technologies… nouveaux risques environnementaux


Durant le premier confinement, il y a eu une baisse de la pollution de l’air ambiant [1] et des bénéfices non négligeables pour la santé. Cela se traduit par une diminution de l’exposition de la population aux particules ambiantes et au dioxyde d’azote [2]. Par conséquent, quarante mille décès évités, et huit mois d’espérance de vie rajoutés. La qualité de l’air s’est améliorée dans les villes du monde entier et les niveaux de pollution atmosphérique ont diminué de 50% au cours du premier confinement.

Le projet de loi portant sur la lutte contre le dérèglement climatique comporte cent quarante-six mesures issues de la convention citoyenne. L’objectif est de réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 en France.

Les effets rebonds ne sont pas tous liés à nos mobilités. Le développement massif de la visioconférence pendant le confinement et qui devrait perdurer dans les années à venir en est un autre. « Ces visioconférences engagent des consommations d’énergies liées au transfert de données, à la sollicitation des serveurs, au fonctionnement de nos appareils, explique Thierry Leboucq, président de Greenspector, qui aide les entreprises à réduire l’impact carbone de leurs logiciels. Et ces consommations d’énergie multipliées par trois lorsque la visioconférence se fait avec partage de vidéo [3]». La hausse des consommations énergétiques au domicile (chauffage, électricité) est aussi à prendre en compte, si on poursuit sur les effets rebonds « défavorables ». En reprenant les calculs de Greenspector – qui a estimé « à 1 g eqCO2 le coût environnemental d’une minute de visioconférence », l’Ademe évalue cet « effet visioconférence » à 2,6 kg eqCO2 par an et par jour de télétravail. Dans sa note La face cachée du numérique, rééditée en novembre dernier, l’Ademe estimait que 45 % des gaz à effet de serre générés par nos activités numériques sont liés à la fabrication de nos équipements informatiques.

En d’autres termes l’accélération de la transformation numérique, avec la digitalisation des outils et des activités, impacte directement l’environnement. L’augmentation de la consommation croissante des technologies nécessite toujours plus de matériaux, de composants et d’énergie quotidiennement. D’ailleurs, l’utilisation de serveurs est encore plus fortement sollicitée pour l’envoi ou le stockage de courriels, vidéos. La prise de conscience de ces conséquences reste abstraite. Comment repenser le modèle de l’économie du numérique ? En prenant en compte la maîtrise des déchets, en réduisant l’empreinte énergétique et donc le réchauffement climatique. Il faut rappeler l’interdépendance énergétique du numérique avec l’énergie (électricité). Comment être plus « responsable » en prenant en considération les conséquences des risques systémiques ? Les résultats de la COP21 indiquent que les émissions ont baissé seulement de 1% alors que l’ONU avait préconisé une baisse de 7,6% par an à l’échelle mondiale. L’économiste Gaël Giraud défend l’annulation de la dette de la Banque Centrale Européenne (BCE) et la planification écologique [4]. D’ailleurs, il suggère que la première émettrice de gaz à effet de serre au monde est la Chine, mais les États-Unis se sont retirés de l’Accord de Paris. Le documentaire Respirez – vous êtes cernés du journaliste Guillaume Desplanques alerte sur l’urgence à agir pour assainir un air vicié de nanoparticules, autant dehors qu’à l’intérieur de nos habitations ou lieux de travail [5]. Certains militants écologistes sont tournés vers la limitation des énergies fossiles pour le climat, en luttant contre leur financement. En effet, on peut citer Lucie Pinson [6], directrice de l’ONG Reclaim Finance, qui a poussé seize acteurs de la finance à se désinvestir du charbon. Christiana Figueres [7], ex-secrétaire de l’ONU pour le climat et négociatrice de la COP21, s’adresse aux individus et leur propose dix actions pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés lors de la COP21. Selon Jean Viard, sociologue [8], le coronavirus accentue les attentes de la société pour les produits de qualité issus de fermes vertueuses pour le bien-être animal, qui respecte l’environnement. D’après l’audit de la prévention des risques naturels et technologiques, le ministère de l’Agriculture nous met en lumière qu’en 2020, les catastrophes se produisent et qu’elles ne s’arrêtent pas dans une pandémie mondiale. Les inondations, les incendies de forêt et les systèmes météorologiques intenses ont attiré l’attention du public sur un sujet qui, au cours des dernières années, a été au cœur de l’ordre mondial : le changement climatique. Une crise environnementale imminente, éclipsée par l’urgence de la pandémie, exige des entreprises, entre autres parties prenantes, qu’elles passent à l’action. Quelles mesures le dirigeant, les actionnaires prendront-ils face aux nouvelles contraintes financières d’empreinte écologique ? Quelle réputation le dirigeant souhaite-t-il porter ? Le choix de promouvoir le développement durable, l’investissement sur le marché des obligations vertes serait-il la solution ? De fortes tensions économiques entraînent une détérioration des bilans environnementaux des entreprises [9]. Certains ont fait des choix totalement innovants : la Maif a vu ses résultats divisés par quatre, car le dirigeant au travers de la politique solidaire, a participé à l’effort national en temps de pandémie en remboursant les souscripteurs de l’assurance automobile [10]. Selon la Banque de France, les entreprises devront intégrer les risques épidémiques dans leurs cartographies tout en incluant le renforcement mutuel entre les risques climatiques et épidémiques. En effet, du fait de l’absence des précipitations, la vague de froid, notamment depuis le mois de mars et en prévision, a permis le développement de maladies causées par des scolytes touchant des espèces tel que l’épicéa par exemple.

À cela s’ajoutent les cours de toutes les matières premières qui flambent et la demande mondiale à la hausse, conséquence des mesures de confinement d’après l’étude du cabinet Tallage. Cela se traduit par une hausse entre 20 et 50% du prix du cuivre, acier, bois de construction, pétrole, aluminium, fer… Le secteur du bâtiment craint pour son activité selon le président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), et certaines usines automobiles sont à l’arrêt par manque de silicium. Plusieurs secteurs sont impactés comme que le high tech.


[1] Santé publique France. (14 avril 2021).  Pollution de l’air ambiant : nouvelles estimations de son impact sur la santé des Français.
[2] Programme de surveillance de l’Air et Santé : EQIS.
[3] Leboucq T. (26 mars 2020). Quelle application mobile de visioconférence pour réduire votre impact ? Greenspector.
[4] Giraud G., (13 janvier 2021). Pour une planification écologique. Forbes.
[5] Desplanque G. (19 avril 2021). Respirez – vous êtes cernés. À la (re) conquête de l’air, cercle bleu.
[6] Prix Goldman pour l’environnement.
[7] Figueres C. (2021). Inventons notre avenir.
[8] Viard J. (2020). Sacré de la Terre.
[9] Sources Refinitiv Datastream : standard & Poor’s : calculs des services du FMI.
[10] Centre d’étude et de prospective stratégique. (22 mars 2021). Peut-on développer un modèle alternatif ?

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