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Numérisation, pénurie, recharge… Cinq défis qui attendent encore le véhicule électrique

Publié le 14 janvier 2022

Les ventes de véhicules électriques continuent de progresser à grande vitesse. Mais cette transformation profonde de l’industrie automobile ne se fait pas sans heurts et la généralisation du véhicule électrique, prévue pour 2035 en Europe, fait encore face à bien des écueils. Entre la pénurie de semi-conducteurs, le déploiement des bornes de recharge ou encore la digitalisation rapide de l’habitacle des voitures, les défis à relever se multiplient.

Les si précieux semi-conducteurs bousculent le marché

La crise des semi-conducteurs ne semble pas (encore) affecter les ventes de voitures électriques. Celles-ci ont bondi de plus de 60 % avec 1,2 million de ventes en 2021, selon le cabinet allemand Schmidt Automotive Research. La part de marché de l’électrique frise ainsi les 10 %. Victoire ? Pas si sûr selon le cabinet. La pénurie de semi-conducteurs a fortement perturbé le marché toutes motorisations confondues avec, en France, une stagnation des ventes de voitures. Les constructeurs français estiment la baisse de leur production à 15 % en 2021. Dans ce contexte, les constructeurs ont eu tendance à favoriser la vente de gros modèles, plus polluants mais à plus forte marge, tout en poussant les ventes d’électriques pour compenser sur le plan des émissions de gaz à effet de serre surveillées de près par Bruxelles, analyse Schmidt Automotive Research.

Les subventions à l’achat remises en question

Les ventes de voitures électriques ne cessent d’exploser les compteurs. Notamment en Chine, où elles ont progressé de plus de 166 % en 2021, avec trois millions de véhicules vendus, selon l’association chinoise des constructeurs automobiles. À tel point que le gouvernement chinois estime que le marché est arrivé à maturité et n’a plus besoin de subvention à l’achat. Celles-ci ont diminué de 30 % depuis le 1er janvier et devraient totalement disparaître d’ici la fin de l’année. La Chine fournira donc un premier “crash-test” pour le marché de l’électrique sans subvention. En Europe, les ventes  progressent également à grande vitesse, mais pas question pour l’instant de retirer les subventions. La France a ainsi prolongé les conditions du bonus écologique et de la prime à la conversion jusqu’au second semestre, sans prévoir de les supprimer.

Les GAFA en embuscade pour la digitalisation des voitures

C’est une grande nouvelle pour les marques du groupe Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler, etc.). Le constructeur automobile a signé un partenariat avec Amazon, afin d’équiper l’habitacle des voitures avec la technologie du géant du numérique. Stellantis, de son côté, fournira des utilitaires électriques à Amazon. Plusieurs constructeurs ont déjà signé des accords avec l’un des Gafa, à l’image du groupe Renault qui s’est rapproché de Google. Le mouvement illustre la tendance à la numérisation de l’automobile, corollaire du véhicule électrique, qui permet notamment de fournir des services connectés aux automobilistes. L’industrie automobile suit en cela l’exemple de Tesla, qui développe cependant ses propres logiciels. Les constructeurs traditionnels choisissent de travailler avec les Gafa pour aller plus vite, au risque de se livrer à leurs appétits voraces pour les données automobiles. Carlos Tavares, le PDG de Stellantis, a affirmé que le partenariat était équilibré. Mais n’a révélé aucun élément financier.

Les lobbys des constructeurs et ses contradictions

Le Pacte vert européen prévoit la fin du moteur à combustion pour 2035. Mais la route vers des ventes de voitures propres reste longue et les constructeurs automobiles semblent rechigner à suivre les consignes européennes. Transport et Environnement a ainsi révélé que l’ACEA, l’associations des constructeurs européens d’automobiles, poursuit un intense lobbying auprès de la Commission pour limiter les réglementations. Elle a dépensé neuf millions d’euros en 2020 à cette fin. L’organisation environnementale détaille dans son étude les principales techniques de lobbying contre Euro 7, la future norme européenne d’émissions prévue pour 2025. Les industriels de l’automobile invoquent ainsi régulièrement le risque pour l’emploi du passage à l’électrique, ou encore le risque de surcoût pour le consommateur.

Le développement des stations de recharge reste lent

C’est l’un des points de friction du développement à grande échelle du marché de l’électrique. Selon une étude de la Plateforme pour l’Électromobilité, les consommateurs européens sont prêts à franchir le cap et les véhicules électriques devraient être les motorisations les plus demandées dès 2025. À condition toutefois que le déploiement des bornes de recharge publiques accélère pour ne pas freiner cet élan. Mais le rythme d’installation de stations ne semble pas à la hauteur. En France, l’objectif du gouvernement d’atteindre 100 000 bornes de recharge fin 2021 n’a ainsi pas été atteint malgré les aides publiques, avec seulement un peu plus de 50 000 bornes installées. Le modèle économique de ces points de recharge reste en effet encore à trouver dans bon nombre de cas.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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