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Ouïghours : l'Union européenne suspend les discussions avec la Chine sur l'accord d'investissement

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Publié le 07 mai 2021

L’Europe durcit sa position sur la situation des Ouïghours en Chine. La Commission a mis entre parenthèses début mai la ratification d’un accord sur les investissements avec la Chine dans un contexte d’escalade des tensions entre les deux blocs. Alors que l’Europe a déjà appliqué des sanctions en mars contre quatre dirigeants chinois, Pékin a fait de même en visant notamment cinq eurodéputés.

Les négociations durent depuis sept ans. En décembre 2020, l’Europe et la Chine s’étaient entendus sur les termes d’un Accord sur les investissements (CAI). Mais la Commission européenne a remis en question sa ratification le 4 mai. L’Accord doit permettre de rééquilibrer les relations économiques et faciliter l’accès des entreprises européennes au marché chinois. Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a déclaré à l’AFP que l’environnement n’était pas propice à la ratification de l’Accord.

La situation se dégrade entre les deux blocs depuis plusieurs mois. Au cœur des tensions : la persécution orchestrée par le régime chinois à l’encontre de la population Ouïghoure, minorité musulmane, notamment dans la province du Xinjiang. Plus d’un million de Ouïghours y seraient internés dans des camps de travail forcé. La situation est dénoncée depuis presque deux ans par les défenseurs des droits humains.

Escalade de sanctions

L’Union européenne a imposé pour la première fois des sanctions en mars contre la Chine : elle a interdit à quatre dirigeants chinois de la région du Xinjiang de se rendre au sein de l’Union européenne et a gelé des avoirs (fonds et ressources économiques) détenus sur dans l’Union.

Pékin, qui nie les accusations, a riposté dans la foulée en visant à son tour dix personnalités européennes, dont plusieurs eurodéputés parmi lesquels le Français Raphaël Glucksmann, qui alerte depuis plusieurs mois contre ce qu’il estime être “le pire crime contre l’humanité du XXIe siècle”. Accusées par la Chine “de propager des mensonges et de la désinformation” et de “porter gravement atteinte à la souveraineté et aux intérêts de la Chine“, elles ont désormais l’interdiction de séjourner sur le territoire chinois.

La Commission a jugé que Parlement ne pouvait approuver un Accord alors que cinq eurodéputés sont concernés par les sanctions.  “Les chances d’une ratification du CAI dépendront de l’évolution de la situation“, a écrit l’exécutif européen. La décision devrait être prise en septembre.

Pauline Fricot, @PaulineFricot

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