fbpx

Partout dans le monde, le changement climatique exacerbe la crise énergétique

https://www.novethic.fr/fileadmin/Inondations-Shanxi-China-OUT-AFP.jpg

Publié le 21 octobre 2021

ENVIRONNEMENT

Le changement climatique est une sérieuse menace pour le secteur de l’énergie. De la sécheresse en Amérique du Sud aux inondations en Chine et en Inde en passant par les canicules records au Canada… les évènements climatiques extrêmes exacerbent la hausse des prix de l’énergie. Or, ces crises vont être amenées à se multiplier et à s’amplifier si rien n’est fait pour dévier la trajectoire actuelle. 

Des barrages hydrauliques asséchés en Amérique du Sud

Cet été, l’Amérique du sud a connu sa pire sécheresse depuis un siècle. Le fleuve Parana, le deuxième plus grand fleuve du continent, est bientôt à sec. Il a perdu six mètres en deux mois, en raison du manque de pluie et de la déforestation. Conséquence : les centrales hydrauliques tournent au ralenti. Or, celles-ci fournissent 55 % de l’électricité du continent. Le Brésil par exemple, extrêmement dépendant de l’hydroélectricité, a dû se tourner vers le gaz américain. Cela a contribué à faire grimper les prix mondiaux à des niveaux records et a accru les problèmes d’approvisionnement, notamment vers le continent européen.

Des mines de charbon inondées en Asie

En Chine, cet automne, des pluies diluviennes ont provoqué la fermeture d’une soixantaine de mines de charbon dans la région du Shanxi qui assure 30 % de l’approvisionnement en charbon du pays. La province, habituellement sèche, a reçu en l’espace de cinq jours trois fois les précipitations normales pour l’ensemble du mois d’octobre. Cela vient accentuer la pénurie d’électricité à laquelle est confrontée la Chine, alors que le charbon assure encore 60 % de la production électrique du pays. Même scénario en Inde, où de fortes pluies de mousson ont joué les prolongations, compliquant l’extraction de charbon et perturbant les réseaux de transport.

Pénurie de vent pour les éoliennes britanniques

Alors que le Royaume-Uni a installé près de 11 000 éoliennes sur son territoire, le pays a été confronté en septembre à une pénurie… de vent. Le secteur n’a fourni que 7 % de l’électricité pendant cette période, contre 24 % fournit habituellement. Le Royaume-Uni a été contraint de rallumer une centrale à charbon. La France avait dû faire de même un an plus tôt en raison d’un vent faible et d’un parc nucléaire en sous régime avec la fermeture de Fessenheim. Et le phénomène risque de devenir de plus en plus fréquent. Si elles ne sont pas unanimes, de nombreuses études estiment que le réchauffement climatique conduira à des vents plus faibles. Le problème se pose également pour le photovoltaïque. Le rendement des panneaux solaires baisse avec la chaleur : – 10 % en moyenne pendant les canicules, selon le fournisseur d’énergie belge Essent.

Les infrastructures victimes des canicules en Amérique du Nord

La question de l’adaptation des infrastructures face au réchauffement climatique est un des grands enjeux des prochaines décennies et le secteur de l’énergie n’en est pas exempt. L’Amérique du Nord en a été témoin cet été. Dans le cadre de l’exceptionnelle vague de chaleur qui a touché la région, avec des températures atteignant 47°C dans l’Oregon (États-Unis) en juin, les câbles d’alimentation électrique ont fondu. Le trafic du tramway de Portland a par exemple dû être interrompu. En France, en août 2018, deux câbles du réseau Enedis avaient fondu dans la ville d’Aubagne (Bouches-du-Rhône) sous la chaleur. 2 000 foyers avaient été privés d’électricité pendant plusieurs heures.

Le nucléaire sous tension en France

La filière du nucléaire est elle aussi sous tension. Les centrales ont besoin d’eau en permanence pour évacuer la chaleur issue de la réaction nucléaire, c’est pourquoi elles se situent à proximité de points d’eau. Mais avec la multiplication des sécheresses, ces réserves en eau sont de plus en plus incertaines. La centrale nucléaire de Chooz, dans les Ardennes, en a fait les frais : elle a été totalement mise à l’arrêt en août 2020, en raison d’un débit insuffisant de la Meuse. Par sécurité, un seuil de 20 m3/seconde a été fixé pour le refroidissement des deux réacteurs. Dans d’autres cas, sans être arrêtées, les centrales peuvent être mises au ralenti. C’était notamment le cas fin 2019 : EDF annonçait avoir réduit la puissance de la centrale du Bugey (Ain) en raison de débits d’eau insuffisants.

Concepcion Alvarez @conce1 , Pauline Fricot, @PaulineFricot 

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article