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Pêche illégale, pollution plastique… Les six engagements à retenir du One Ocean Summit de Brest

One ocean summit segment de haut niveau capture d ecran

Publié le 11 février 2022

ENVIRONNEMENT

En clôture du One Ocean Summit de Brest, ce vendredi 11 février, une quarantaine de chefs d’Etats et de gouvernement ont pris des engagements pour protéger l’océan, lutter contre la pêche illégale et la pollution plastique ou encore pour aboutir à un traité ambitieux sur la Haute Mer. Cette rencontre ouvre la voie et donne une impulsion politique en amont d’une série de rendez-vous majeurs qui se tiendront tout au long de l’année autour de l’océan.

1. 30 % des terres et mers sous protection

Plus de 30 nouveaux pays ont rejoint la Coalition de la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples lancée lors du One Planet Summit de janvier 2021. Ce sont désormais 83 pays qui portent l’objectif de protéger 30 % des terres et des mers du monde d’ici à 2030. Celui-ci sera notamment défendu lors de la prochaine COP15 sur la biodiversité qui doit se tenir cet été en Chine. À l’occasion du One Ocean Summit, la France, qui se veut exemplaire sur le sujet, a annoncé avoir déjà dépassé ce seuil de 30 % avec l’extension de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises. C’est désormais la deuxième plus grande aire marine protégée au monde avec plus de 1,5 million de km². L’exploitation minière y est interdite et la pêche peut y être interdite ou réglementée. La Polynésie française s’est aussi engagée à créer une aire marine protégée d’au moins 500 000 km² et à protéger tous ses coraux, soit 20 % des atolls dans le monde. Par ailleurs, le principe d’un One Island Summit a été acté par Emmanuel Macron. Il pourrait se tenir à Tahiti d’ici 2023.

2. En finir avec la pollution plastique

La Clean Oceans Initiative, la plus importante initiative dédiée à la réduction des pollutions plastiques en mer soutenue notamment par l’Agence française de développement ou encore la Banque européenne d’investissement, disposera de quatre milliards d’euros d’ici 2025. Par ailleurs, à l’occasion du One Ocean Summit, l’Inde et la France ont engagé ensemble une initiative sur l’élimination de la pollution due au plastique à usage unique. Au-delà, Emmanuel Macron a formellement demandé que des négociations soient lancées lors de l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement qui se réunit fin février à Nairobi, au Kenya, pour un traité international mettant fin au plastique à usage unique. Enfin, de nouveaux pays et régions, comme la Grèce, l’Italie, la Colombie, la Corée du Sud ou encore la Ville de Paris ont rejoint l'”engagement mondial pour une nouvelle économie des plastiques” qui compte 500 signataires du monde entier dont 250 entreprises. Le Groupe CMA CGM, leader mondial du transport et de la logistique, a quant à lui pris l’engagement de ne plus transporter de déchets plastiques.

3. Lutter contre la pêche illégale

L’Accord du Cap, en souffrance depuis dix ans, devrait enfin entrer en vigueur d’ici la fin de l’année grâce à l’engagement de six nouveaux pays de le ratifier. Ce texte fixe des normes de sécurité pour les navires de pêche et permet de lutter indirectement contre la pêche illicite et la pêche illégale. Un autre Accord  relatif aux mesures de l’État du port, qui permet de mieux contrôler les activités de pêche au niveau des ports de débarquement et de lutter là aussi contre la pêche illégale, va être ratifié par de nouveaux pays dont le Maroc, la Jamaïque, les Comores ou encore la Papouasie. Enfin, plusieurs États membres de l’Union européenne se sont engagés à mobiliser leur marine dans le cadre de missions à l’extérieur pour renforcer la surveillance de la pêche illégale.

4. Une coalition pour un traité de la Haute mer ambitieux

L’Union européenne, rejointe par 14 pays tiers, a lancé la “Coalition pour une haute ambition pour la biodiversité en haute mer” afin d’aboutir dès cette année à un traité international ambitieux pour réglementer la haute mer, qui se situe au-delà des juridictions nationales et qui représente 64 % des océans. Souvent considérée comme une zone de non-droit, la haute mer est propice à la pêche illégale et au braconnage. Un dernier round de négociations est prévu en mars à New York.

5. Océans, changement climatique et pollution de l’air

22 armateurs européens se sont engagés dans le nouveau label Green Marine Europe afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ou encore recycler leurs navires. Une dizaine de grands ports se sont également engagés à accélérer la fourniture d’électricité aux navires en escale pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et réduire la pollution atmosphérique. Par ailleurs, l’ensemble des pays méditerranéens, rejoints par l’Union européenne, se sont engagés à demander à l’Organisation maritime internationale (OMI) la création d’une zone à faibles émissions de soufre sur toute la Méditerranée au 1er janvier 2025. La création d’une Zone Maritime Particulièrement Vulnérable au regard de la forte présence de dauphins morts sur les côtes atlantiques va également être demandée afin de pouvoir y limiter la vitesse de navigation et réduire ainsi les collisions. Enfin, la France et la Colombie ont lancé à Brest une coalition internationale pour le carbone bleu, afin de financer la restauration d’écosystèmes côtiers en s’appuyant sur le principe de la compensation carbone.

6. Une meilleure connaissance des fonds sous-marins

L’Unesco s’est engagée à ce qu’au moins 80% des fonds marins soient cartographiés d’ici à 2030, contre seulement 20% actuellement. “Ces données contribuent à protéger les populations en anticipant les risques sismiques et les tsunamis, à recenser les sites naturels qu’il convient de sauvegarder, à identifier les ressources halieutiques pour une exploitation durable, à planifier la construction des infrastructures en mer, ou encore à réagir efficacement aux catastrophes à l’image des marées noires, des accidents aériens ou des naufrages”, précise l’Unesco. L’organisme s’est aussi fixé pour objectif que l’éducation à l’océan figure dans les programmes scolaires de ses 193 États membres d’ici à 2025.  

Concepcion Alvarez @conce1

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