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Pegasus : Cibles d’un système mondial d’espionnage, plusieurs médias et personnalités portent plainte

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Publié le 19 juillet 2021

Des milliers de téléphones appartenant à des journalistes, avocats, défenseurs des droits humains… ont été espionnés par le logiciel israëlien Pegasus de NSO group, pour le compte de plusieurs pays dont le Mexique, la Hongrie ou encore le Maroc. Si la France n’était pas cliente du groupe NSO, plusieurs journalistes français ont été victimes de ce piratage mondial. Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, a annoncé porté plainte ainsi que Dominique Simonnot, ancienne journaliste du Canard Enchaîné. 

C’est un scandale mondial d’espionnage que viennent de révéler les organisations Amnesty International et Forbidden Stories, regroupant 17 rédactions dont Le Monde, The New York Times ou encore The Guardian. Dans une enquête publiée le 18 juillet, le consortium explique que le logiciel espion Pegasus de la société NSO Group, a permis d’espionner des militants des droits humains, des journalistes et des opposants politiques en récupérant leurs messages, photos, contacts et conversations sur leur smartphone. Ce logiciel israélien, créé officiellement pour aider les renseignements à lutter contre la criminalité, a ainsi été détourné par plusieurs États comme la Hongrie, le Maroc ou l’Inde. 

Si la France n’est pas cliente de la société NSO Group, plusieurs numéros de journalistes français figurent dans la liste des 50 000 numéros de téléphone surveillés par le logiciel Pegasus. “Ces faits sont extrêmement choquants, des faits qui, s’ils sont avérés sont extrêmement graves“, a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France Info ce lundi 19 juillet. “Il va y avoir évidemment des enquêtes, des éclaircissements demandés”, a-t-il ajouté.

Atteinte à la liberté de la presse 

Parmi les personnalités françaises ciblées, on trouve le fondateur du journal en ligne Mediapart, Edwy Plenel et sa consoeur Lénaïg Bredoux. Le site d’information a annoncé le 19 juillet déposer une plainte à Paris. “Pendant plusieurs mois, l’appareil répressif du royaume chérifien a ainsi violé l’intimité privée de deux journalistes, porté atteinte au métier d’informer et à la liberté de la presse, volé et exploité des données personnelles et professionnelles. Aucun autre téléphone d’un membre de l’équipe de Mediapart n’a été espionné“, a précisé le journal en ligne.

Elle aussi espionnée, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) Dominique Simonnot, ancienne journaliste au Canard Enchaîné a également annoncé son intention de porter plainte. L’hebdomadaire satirique va en faire de même au nom de la rédaction. “Peut-être que c’est pour espionner à travers moi mes anciens confrères du Canard”, soupçonne-t-elle sur France Info. “Quelle bêtise j’ai pu dire, qu’est-ce que j’ai pu raconter, à quoi ils ont eu accès? C’est effrayant“, a-t-elle ajouté.

Le groupe NSO nie 

Sur cette liste, figure également le numéro du journaliste mexicain Cecilio Pineda Birto, abattu quelques semaines après son apparition sur ce document. Des correspondants étrangers de plusieurs grands médias, dont le Wall Street Journal, CNN, France 24, El País, ou l’AFP en font aussi partie. Deux des téléphones appartenant à des femmes proches du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite, étaient également ciblés.

Dans un communiqué, le groupe NSO a nié “fermement les fausses accusations portées”. Selon lui, le rapport de Forbidden Stories “regorge d’hypothèses erronées de théories non corroborées, les sources ont fourni des informations qui n’ont aucune base factuelle”, écrit le groupe qui envisage de porter plainte en diffamation.

“Le Projet Pegasus montre à quel point le logiciel espion de NSO Group est une arme de choix pour les gouvernements répressifs qui cherchent à réduire au silence les journalistes, à s’en prendre aux militants et à écraser l’opposition, mettant ainsi d’innombrables vies en péril”, a réagi Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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