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Plus de 200 revues médicales appellent à agir urgemment pour le climat et la biodiversité

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Publié le 07 septembre 2021

ENVIRONNEMENT

Les rédacteurs en chef de 200 revues médicales ont publié le 6 septembre un éditorial appelant les dirigeants du monde entier à agir sans attendre contre le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité. C’est une première. Le texte rappelle les menaces qui pèsent sur la santé, et la nécessité d’augmenter les financements, évoquant les dépenses sans précèdent engagés lors de la pandémie. 

C’est la première fois qu’autant de revues scientifiques s’associent pour publier un texte en commun. Plus de 200 journaux médicaux ont diffusé le 6 septembre un appel aux dirigeants mondiaux à agir urgemment contre le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité, en raison de leur impact sur la santé des populations. “La science est sans équivoque, alerte les rédacteurs en chef. Une augmentation mondiale de 1,5°C par rapport à la moyenne préindustrielle et la perte continue de biodiversité risquent d’entraîner des dommages catastrophiques et irréversibles pour la santé (…) Aucune hausse de température n’est “sûre”.”

Parmi les signataires, des revues prestigieuses, comme le Lancet, le New England Journal of Medicine, le National Medical Journal of India ou encore la Revista de Saúde Pública au Brésil. Une vingtaine d’autres revues ont apporté leur soutien comme l’International Journal of Cancer ou GeoHealth.

Des impacts déjà observés

La santé est déjà altérée par l’augmentation de la température mondiale et la destruction de la nature“, soulignent les auteurs, qui ont recensé les différents impacts d’ores et déjà observés. Ils alertent par exemple sur l’émergence de nouvelles pandémies, comme celle du Covid-19. La destruction des écosystèmes favrorise l’apparition de maladies en facilitant les contacts entre animaux sauvages, potentiels porteurs de virus dangereux, et les humains. “Les professionnels de santé ont été en première ligne dans la crise du Covid-19. À l’unanimité, ils mettent en garde contre le risque que le dépassement des 1,5 °C et la poursuite de la destruction de la nature engendrent une autre crise, bien plus mortelle” ont plaidé scientifiques.

Le réchauffement climatique a déjà lui aussi frappé les populations, alors que la planète ne s’est réchauffée que de 1,1°C depuis l’ère préindustrielle. “Les températures plus élevées ont entraîné une augmentation des cas de déshydratation et de problèmes rénaux, de tumeurs dermatologiques malignes, d’infections tropicales, de problèmes mentaux, de complications de grossesses, d’allergies, et de mortalité et de morbidité cardiovasculaire et pulmonaire“, ont observé les auteurs, qui évoquent également le déclin des productions agricoles qui balayent des décennies d’efforts pour lutter contre la malnutrition.

Augmenter les investissements 

Le texte soutient une augmentation conséquente des investissements pour le climat, en évoquant les dépenses “sans précèdent” engagées pour lutter contre la crise sanitaire. “Ces investissements produiront des résultats positifs considérables en matière de santé et d’économie. […] Une meilleure qualité de l’air permettrait à elle seule d’obtenir des améliorations pour la santé qui compensent facilement le coût global de la réduction des émissions“.

Les auteurs insistent également sur la nécessité d’apporter une aide aux pays les plus pauvres qui subissent de “façon disproportionnée” les effets de la crise climatique alors qu’elles ont “le moins contribué au problème“. “Les pays développés doivent s’engager à augmenter le financement de l’action climatique en honorant leur promesse non encore tenue de fournir 100 milliards de dollars par année et de maintenir une double approche axée à la fois sur l’atténuation et l’adaptation, notamment en améliorant la résilience des systèmes de santé”, ajoute l’éditorial.

Mais surtout, les auteurs appellent à un “changement fondamental de la façon dont nos sociétés et nos économies sont organisées et de notre mode de vie“, à travers notamment la transformation des villes, des transports, des marchés financiers, et des systèmes de production.

Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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