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Plus d’un jeune sur trois victime de discrimination dans l’emploi

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Cela n’arrive pas qu’aux seniors : en 2021, plus d’un jeune sur trois en France – contre une personne sur cinq en population générale – aurait vécu une situation de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans le cadre de sa recherche d’emploi ou de sa carrière. C’est le principal enseignement du 14e Baromètre sur la perception des discriminations dans l’emploi, publié le 7 décembre par le Défenseur des droits.

Selon cette enquête menée avec l’Organisation internationale du travail (OIT) auprès d’un échantillon représentatif de jeunes actifs de 18 à 34 ans (3 201 répondants), les critères de discrimination les plus cités sont le sexe, l’âge, l’apparence physique et l’origine.

D’une manière générale, « les discriminations au travail s’inscrivent dans un continuum d’attitudes hostiles, allant de propos et comportements stigmatisants à tout un éventail de situations de dévalorisation, qui peuvent in fine être constitutives d’un harcèlement discriminatoire », rappelle le Défenseur des droits. Les jeunes paraissent y être particulièrement exposés, dans un contexte de flexibilisation du travail et de forte précarité sociale

Des salariés sous pression

Ces « micro-agressions » peuvent se doubler d’incitations ou de pressions illicites de la part de l’employeur, conditionnant l’obtention d’un poste ou d’une promotion à certaines exigences discriminatoires. Ainsi, 46 % des jeunes ont déjà été incités à modifier leur apparence ou à adopter un certain comportement.

Et près de neuf jeunes sur dix déclarent avoir déjà connu une situation de dévalorisation au cours de leur vie professionnelle. Les situations les plus récurrentes ? Une sous-estimation de leurs compétences, une « mise sous pression » pour en faire toujours plus et la réalisation de tâches inutiles et ingrates.

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Plus de la moitié des jeunes victimes de discrimination (58 %) ont entrepris des démarches à la suite des faits. Ils ont alerté en priorité la direction ou l’encadrement (20 %) ou les syndicats et représentants du personnel (17 %). Certains ont pris contact avec le Défenseur des droits (12 %), l’inspection du travail (11 %), un avocat ou une association (10 %) et/ou décidé d’engager une procédure contentieuse (11 %). Cependant, plus de quatre jeunes sur dix n’ont rien dit à la suite des faits. Et ce sont principalement des femmes.

Des effets néfastes et durables

Les discriminations se traduisent souvent par une rupture du contrat de travail, que ce soit à l’initiative de l’employeur ou des personnes victimes. 20 % d’entre elles ont décidé de démissionner ou de négocier une rupture conventionnelle. 15 % ont été licenciées ou ont vu leur contrat non renouvelé à la suite des faits.

Les conditions ou relations de travail peuvent également se dégrader. Un jeune sur cinq déclare avoir subi des conséquences négatives sur son emploi au quotidien à la suite d’une discrimination ou d’un harcèlement. Certains subissent également des sanctions ou des mesures de représailles suite à la dénonciation de tels faits : 8 % des personnes se déclarant victimes de discrimination ont reçu un avertissement et 7% d’entre elles ont été mutées contre leur gré.

Au-delà des conséquences sur la carrière, ces discriminations génèrent une perte de confiance dans l’avenir professionnel. Et ont des effets néfastes et durables sur la santé mentale des jeunes qui en sont victimes, pointe le Baromètre.

Au vu de la situation, la Défenseure des droits, Claire Hédon, émet plusieurs recommandations à destination des employeurs :
• Mettre en œuvre une phase de diagnostic et d’enquête au sein de l’organisation pour mieux identifier les risques discriminatoires à l’encontre des jeunes salariés.
• Élaborer des actions de prévention et de lutte contre les discriminations, et prévoir des mesures spécifiques ciblant les jeunes actifs.
• Interroger l’ensemble des processus et critères de décision en matière de ressources humaines tout en informant et sensibilisant l’ensemble du personnel à la non-discrimination.

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