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Pollution de l'air : l’Organisation mondiale de la santé durcit considérablement les seuils de qualité de l'air

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Publié le 14 octobre 2021

ENVIRONNEMENT

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a revu ses seuils d’expositions aux polluants à la baisse pour protéger la santé des populations. A l’occasion de la journée nationale pour la qualité de l’air le 14 octobre, la France a publié son bilan pour l’année 2020. Si globalement la qualité de l’air s’améliore, le pays est encore loin des nouvelles recommandations de l’instance onusienne.

Sept millions de décès prématurés sont dus aux effets de la pollution de l’air et environ 40 000 en France. La journée nationale de la qualité de l’air, qui a lieu le 14 octobre, est l’occasion de rappeler que la pollution de l’air est un facteur de risque aussi important que le tabagisme ou une mauvaise alimentation.C’est en tout cas le constat dressé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a attiré l’attention le 22 septembre sur les dangers sous-estimés de la pollution de l’air en publiant ses nouvelles recommandations.

Et l’instance a frappé fort : elle a considérablement durci ses nouvelles normes pour protéger la santé des populations. Les seuils d’exposition acceptables aux deux polluants les plus dangereux, les particules les plus fines (PM2.5) et le dioxyde d’azote, ont été divisé respectivement par deux et quatre. Les seuils passent ainsi de 10 microgrammes (µg) par mètre cube à 5 µg/m3 pour le premier et de 40 à à 10 µg/m3 pour le second. Les particules d’un diamètre inférieur à 10 microns (PM10), ont vu leur seuil passer de 15µg/m3 à 10.

Un danger sous-évalué

Les anciennes estimations remontaient à 2005. Pour revoir ses seuils, l’instance onusienne a examiné plus de 500 publications scientifiques publiées ces 15 dernières années. Les “données montrant clairement les effets néfastes de la pollution atmosphérique sur la santé, à des concentrations encore plus faibles qu’on ne le croyait auparavant” a souligné l’OMS. Les particules fines s’infiltrent dans les poumons et dans le sang et peuvent être transportées jusqu’au cerveau. Ce phénomène est à l’origine de nombreux problèmes de santé, comme les retards de croissance, les maladies neurodégénératives, les cancers ou les maladies cardiovasculaires.

Aujourd’hui, seule l’Islande respecte le nouveau seuil de particules fines fixé par l’OMS. En France, si depuis vingt ans la qualité de l’air s’est considérablement améliorée, les seuils sont encore dépassés, notamment pour l’ozone, d’après le bilan annuel sur la qualité de l’air publié par le gouvernement le 14 octobre. En 2020, la concentration moyenne en PM2.5 est estimée à environ 9,8 µg/m3, soit sous le seuil des recommandations de l’OMS de 2005, mais bien loin des nouvelles normes préconisées. 

Combattre la pollution de l’air permet aussi de lutter contre le changement climatique. Certains polluants atmosphériques, comme le noir de carbone ou le carbone de suie émis par le trafic routier contribuent au réchauffement. “L’amélioration de la qualité de l’air peut accompagner les efforts déployés pour atténuer les changements climatiques, et la réduction des émissions améliorera la qualité de l’air. En s’efforçant d’atteindre les seuils recommandés, les pays protégeront la santé tout en atténuant les changements climatiques mondiaux” a insisté l’OMS.

Si les recommandations de l’institution onusienne ne sont pas contraignantes, elles permettent en revanche d’orienter les politiques des décideurs.

Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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