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Pour valoriser la performance RSE des PME, les labels doivent être mieux visibles et encadrés

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Publié le 01 mars 2021

ENTREPRISES RESPONSABLES

Valoriser sa performance environnementale et sociale est devenue un fort enjeu pour un nombre croissant d’entreprises. L’attente est forte pour les PME qui doivent de plus en plus montrer patte blanche auprès des grands donneurs d’ordres. Pourtant, alors que les labels RSE se multiplient, ceux-ci peinent à attirer les entreprises. Deux rapports donnent des pistes pour les rendre plus clairs et visibles, en engagent notamment les pouvoirs publics à mieux les encadrer. Avec le soutien de Bercy.

Labels RSE Unitone vector et BH Les labels de responsabilité sociétale d’entreprises (RSE) se multiplient depuis quelques années. Ils doivent être clarifiés et encadrés pour plus de visibilité et d’efficacité.
@unitonevectors

Label Lucie, B corp, entreprises engagées (Afnor)… Les labels de responsabilité sociétale d’entreprises (RSE) se multiplient depuis quelques années. Au risque de perdre les principaux intéressés: les chefs d’entreprise, qui ne savent plus à quel label se vouer. Ce constat est partagé par plusieurs rapports. Le premier, sur la RSE dans les PME a été diffusé en juin par le Sénat et deux autres, très attendus, viennent d’être publiés en février (1) et commentés par la secrétaire d’Etat à l’Economie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire. 

Aujourd’hui, on ne recense que 800 entreprises labellisées sur les 4 millions que compte le territoire national, selon une étude Goodwill management. Les PME y sont largement représentées mais au global, seules 2 % des PME françaises sont labellisées RSE, selon le Comité 21. Or, “elles sont beaucoup plus nombreuses à avoir des démarches de RSE. Cela veut dire qu’il y a un manque de visibilité et d’attractivité des labels existants“, souligne Jean-Paul Chapron, président du cabinet de conseil ASI et délégué régional de la fédération Syntec. 

Foisonnement de labels

Difficile pour une petite entreprise de se repérer entre les labels généralistes (PME+ de la FEEF, label Lucie ou B corp), thématiques (achats responsables ou diversité délivrés par l’État), territoriaux (Alsace Excellence, Lyon Equitable et durable…) ou sectoriels (Responsible Care pour la Chimie ou Proprement engagées pour le secteur de la propreté). D’autant que tous ces labels ont un coût direct mais surtout indirect non négligeable pour les entreprises. “Il faut y consacrer du temps et des moyens, notamment en termes d’échanges, de suivi et de reporting“, souligne encore Jean-Paul Charon, l’un des auteurs du rapport “Labels RSE, accompagner les entreprises et donner confiance à leurs parties prenantes” remis à Bercy .

“Ce foisonnement créé du scepticisme et de l’incompréhension, il y a donc un véritable enjeu de crédibilité et de lisibilité de ces labels pour que ces labels qui permettent de valoriser la performance RSE des entreprises, soient reconnus et attirent de nouvelles entreprises“, renchérit Frédérique Lellouche, présidente de la plateforme RSE, qui vient de publier les enseignements de l’expérimentation de 12 labels sectoriels. L’enjeu est d’autant plus fort que les donneurs d’ordres sont de plus en plus demandeurs de preuves sur les engagements de leurs fournisseurs. 

Valoriser l’offre existante

Les observateurs appellent à simplifier, clarifier et valoriser l’offre existante. Cela passe notamment par les labels sectoriels, plus adaptés aux enjeux professionnels, mais aussi par l’accompagnement des entreprises dans leur démarche, l’adossement à des référentiels reconnus comme l’ISO 26 000, la formation des dirigeants et la reconnaissance par l’État des labels les plus crédibles. Le rapport “Labels RSE, accompagner les entreprises et donner confiance à leurs parties prenantes” propose ainsi les bases d’une charte de reconnaissance étatique basée sur 12 principes parmi lesquels l’exemplarité, la transparence, l’accessibilité, la mesure du progrès…

Cette reconnaissance par l’État des ‘bons labels’ basée sur les dernières avancées européennes en matière de reporting et intégrée à la commande publique permettrait de faire levier pour attirer de nouvelles entreprises“, assure Fella Imalhayene, déléguée générale du Global Compact et co-autrice du rapport. Là-dessus, Olivia Grégoire, semble totalement en ligne. Dans sa note introductive au rapport, elle estime que les principes proposés pour la charte par les auteurs du rapport sont “complets et pertinents” et que la plateforme RSE pourrait l’utiliser pour mieux contrôler les labels. Olivia Grégoire insiste notamment sur la capacité de l’organisme de labellisation à “accompagner l’entreprise“. Sans quoi, il n’y aura pas de transformation, assure-t-elle. 

Il faudra aussi des incitations. Une Plateforme numérique publique pourrait ainsi mettre en avant, sur la base du volontariat, les entreprises labellisées et donner toutes les informations sur les labels soutenus par les pouvoirs publics. Quant aux avantages fiscaux, ils semblent à ce stade exclus par Bercy. Mais plusieurs acteurs souhaiteraient une simplification des procédures administratives pour les porteurs de labels reconnus.

Béatrice Héraud, @beatriceheraud

(1) Les rapports publiés en février:

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