fbpx

Pourquoi il faut aller voir Animal, le dernier film de Cyril Dion

https://www.novethic.fr/fileadmin/Animal-CAPA-Studio_Bright-Bright-Bright_UGC-Images_Orange-Studio_France-2-Cinema_2021.jpg

Publié le 29 novembre 2021

ENVIRONNEMENT

En salle ce mercredi 1er décembre, le documentaire suit le parcours initiatique de deux adolescents, Bella Lack et Vipulan Puvaneswaran, mobilisés pour le climat. Cyril Dion, réalisateur du documentaire à succès Demain avec Mélanie Laurent, a choisi de leur faire rencontrer des chercheurs, activistes, entrepreneurs, chefs d’Etat pour les aider à mieux comprendre les défis auxquels leur génération est confrontée. Sensible et percutant, le film est une ode au monde du vivant et à la jeunesse engagée.

Chaque génération à son combat, voici le nôtre“, débute ainsi le documentaire Animal qui sort en salle ce mercredi 1er décembre. Le film met en scène le parcours de deux adolescents âgés de 16 ans au moment du tournage, Bella Lack et Vipulan Puvaneswaran, qui participent alors activement aux mobilisations pour le climat.  “Je pense que comprendre est tout aussi important qu’agir“, avance Vipulan Puvaneswaran. “J’ai envie de comprendre les mécanismes pour pouvoir trouver des solutions“, explique encore l’adolescent. “Ce qui est difficile c’est de convaincre tout le monde“, ajoute Bella Lack, figure emblématique du mouvement écologiste de la jeunesse britannique. C’est ainsi que le téléspectateur embarque dans ce documentaire déstabilisant, juste et durablement marquant.

Il s’ouvre sur des images chocs, percutantes qui plantent un décor apocalyptique de notre avenir si l’on ne change rien. “Nous voulions que le film fasse passer les spectateurs par toute une gamme d’affects, pour que l’on ressente la douleur et la colère de ce que nous sommes en train de faire subir au monde vivant“, explique Cyril Dion sur “France Culture”. A travers les yeux de Bella et Vipulan, le spectateur découvre ce règne animal, grandement menacé, où plus de 50 % des espèces ont déjà disparu en seulement 50 ans. En toile de fond se pose la question de la place de l’humain dans ce système où chaque espèce, aussi petite soit-elle, est indispensable à la survie de toutes les autres. 

Entre colère, émerveillement et étonnement, les deux adolescents apprennent que les réponses simples n’existent pas. Alors que des citoyens en Inde ramassent inlassablement des tonnes de plastiques charriées par les océans, sans se décourager, Bella Lack se demande pourquoi ils continuent ces travaux titanesques. “Tu te laves bien chaque jour !“, répond alors Afroz Shah à l’initiative du collectif qui a récupéré 9000 tonnes de plastiques sur les plages en seulement 3 ans. Contre l’effondrement de la biodiversité, il faut agir, défend celui qui fédère des habitants, politiciens, stars de cinéma, mais aussi des écoliers. 

Une crise de la sensibilité

Le périple se poursuit dans les coulisses des négociations de Bruxelles où les deux héros comprennent, impuissants, que les lobbys dictent les lois. Les deux jeunes se rendent également dans un élevage intensif de lapins où les animaux sont entassés dans de minuscules cages et ne peuvent bouger ni voir la lumière du jour. En discutant avec l’éleveur, les adolescents comprennent qu’il est lui aussi prisonnier d’un système, celui de l’agro-industrie, dont il ne peut s’affranchir. Le contraste est saisissant entre l’émotion intense des deux adolescents d’un côté et l’indifférence de l’éleveur qui ramasse les cadavres de lapins sans s’en émouvoir, trop habitué à la violence ordinaire de son exploitation. 

Nous vivons une crise de la sensibilité, explique ainsi le philosophe Baptiste Morizot, également interviewé dans ce film. Cette rencontre est décisive pour les deux adolescents. L’auteur de “Manières d’être vivant” (Actes Sud) qui plaide pour des “alliances” entre les hommes et les animaux leur fait découvrir comment rétablir une cohabitation paisible entre le loup, les autres espèces et l’Homme. La magie du film repose aussi sur ces moments clés où les deux adolescents découvrent, émerveillés, un règne animal encore bien vivant, comme lorsqu’ils assistent aux jeux de dauphins en pleine mer ou dans la savane au milieu d’éléphants ou de girafes. 

Les deux adolescents reconnaissent que l’expérience du film les a transformés. Il y a fort à parier que les spectateurs n’en sortiront pas indemnes. Comme les derniers documentaires récemment diffusés au cinéma (Marcher sur l’eau, Bigger than us, Une fois que tu sais…), le film participera, sans doute, à faire émerger une autre représentation du monde que celle d’un consumérisme et d’une croissance illimitée. C’est en tout cas le souhait du réalisateur. 

Mathilde Golla @Mathgolla

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article