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Prévention de la santé mentale des collaborateurs : vers un nouvel enjeu de la QVT ?

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La démarche QVT est aujourd’hui largement mise en place au sein des entreprises. Au-delà des enjeux concernant la marque employeur, l’attractivité de l’entreprise ou encore l’engagement des collaborateurs, la Qualité de Vie au Travail englobe des aspects bien plus larges et bien plus importants, et notamment celui concernant la santé mentale des salariés.

Malheureusement, la santé mentale reste encore taboue dans les entreprises françaises, les salariés ont encore du mal à exprimer leur mal-être, craignant que cela ne soit perçu comme une faiblesse.

Sommaire de l’article:

Comment le travail peut-il affecter la santé mentale des salariés ?

Qu’est-ce que la santé mentale ?

La santé mentale fait partie intégrante de la santé globale de l’être humain et en est même une composante essentielle. Elle dépend de nombreux facteurs : sociaux, économiques, biologiques et environnementaux. La santé mentale permet le bien-être de l’individu et est l’un des fondements de son accomplissement, notamment au sein de la société.

Le travail constitue également un des facteurs pouvant jouer un rôle important sur la santé mentale des individus. Elle doit être prise en compte et préservée par l’employeur, au même titre que la santé physique.

Les situations à risque pour la santé mentale et leurs conséquences

Certaines situations ou certains facteurs peuvent impacter négativement la santé mentale des salariés, par exemple :

  • Une faible autonomie au travail.
  • Une incertitude sur l’avenir au sein de l’entreprise.
  • Une intensité trop importante du travail, avec des objectifs non atteignables.
  • Des conflits non résolus, etc.

Les symptômes d’une santé mentale dégradée, notamment par le travail et la présence de risque psychosociaux (RPS), au sein de l’entreprise peuvent être les suivants : anxiété, épuisement professionnel, maladies cardiovasculaires, troubles musculosquelettiques, dépression, suicide.

L’impact de la crise sanitaire

La crise sanitaire liée à la Covid-19 à laquelle nous avons dû faire face depuis 2020 a été impactante pour les entreprises, et donc pour leurs salariés : activité partielle pour certains ou surcharge de travail pour d’autres, télétravail, incertitude quant à l’avenir, fermetures d’entreprises.

Autant de bouleversements pour les collaborateurs des entreprises dont les conséquences perdurent aujourd’hui, après plus de 2 années de crise sanitaire : la santé mentale des salariés reste dégradée.

Selon le nouveau sondage Opinion Way réalisée du 27 janvier au 11 février 2022 sur 2001 salariés français, 4 % des salariés français seraient en burn-out, dont 13 % en burn-out « sévère ».

L’impact des nouvelles organisations de travail

La crise sanitaire a bouleversé les nouvelles organisations de travail, notamment avec la recrudescence du télétravail (en janvier 2021, il concernait 27 % des salariés, en 2019 : 4%).

Les avantages du télétravail sont nombreux : gain de temps dans les transports, meilleure qualité de vie, etc. Il doit cependant être mis en place avec beaucoup de vigilance et de garde-fous.

En effet, le télétravail peut rapidement envahir la sphère privée et il devient alors difficile d’établir un équilibre vie professionnelle / vie personnelle satisfaisant. Le travail à distance risque d’isoler les salariés, notamment ceux subissant déjà un isolement social.

Il convient donc de limiter les conséquences néfastes du télétravail sur la santé mentale en l’encadrant par un accord collectif ou une charte : modalités de mise en œuvre, établissement d’un droit à la déconnexion, mise en place de nouveaux modes de management à distance.

Pourquoi l’entreprise doit-elle travailler sur la santé mentale de ses salariés ?

Une obligation légale

L’article L.4121-1 du Code du travail prévoit que « L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. […]. L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes ».

L’employeur a une obligation générale de prévention, et il relève ainsi de sa responsabilité de préserver la santé de ses collaborateurs. Il peut ainsi être tenu d’assumer devant les tribunaux les conséquences liées à la santé morale dégradée de ses collaborateurs (par exemple en cas de burn-out, suicide, etc..).

Une responsabilité morale : préserver la santé de ses équipes

Mais au-delà de l’obligation légale, l’employeur a une responsabilité « morale » vis-à-vis de ses collaborateurs : il n’est tout simplement pas acceptable que le travail soit le déclencheur de maux chez les salariés !

Une meilleure productivité

On le sait, un collaborateur heureux, serein, dans son entreprise sera :

  • Moins absent.
  • Moins démissionnaire.
  • Plus motivé.
  • Plus créatif, source de nouvelles idées.

Il sera donc plus productif pour l’entreprise. Investir sur le bien-être des salariés et sur une meilleure santé mentale des collaborateurs constitue un investissement rentable et gagnant/gagnant.

Une meilleure attractivité de l’entreprise

Les entreprises misant sur les actions en faveur de la santé mentale des salariés et de leur bien-être sont mises en avant sur les réseaux sociaux. Ces actions contribuent au développement de leur marque employeur, et favorisent leur attractivité.

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Face aux difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises dans de plus en plus de secteurs d’activité, afficher publiquement une politique « bien-être des salariés » est aujourd’hui le meilleur moyen d’attirer les candidats.

Comment l’entreprise peut agir concrètement sur la santé mentale des collaborateurs ?

4 étapes essentielles

Concrètement, que faire pour améliorer la santé de ses collaborateurs ? La démarche peut se réaliser en suivant plusieurs étapes.

1ère étape : Réalisation d’un diagnostic complet de l’entreprise : quels sont les horaires des salariés ? Quelles sont les méthodes de management ? L’équilibre vie professionnelle / vie personnelle est-il respecté ? Le télétravail est-il encadré ? Quel est le taux de turn-over ? Quel est le taux d’absentéisme ? Quels en sont les motifs ? Les questions à se poser sont nombreuses, il s’agit là de réaliser une cartographie de l’entreprise.

2ème étape : Consultation du CSE ou du CSSCT (commission santé, sécurité et conditions de travail), des représentants du personnel présents dans l’entreprise, ainsi que des managers. Il est important de prendre en compte l’avis des professionnels sur le terrain.

3ème étape : Consultation des salariés : mise en place d’une boîte à idées, de groupes de travail, tous les moyens sont bons pour les consulter et ainsi recueillir leur avis et leurs doléances sur le sujet.

4ème étape : Mise en place d’une commission de travail sur le sujet, afin de définir les priorités d’actions et un planning de travail.

5ème étape : Mise en place des actions et d’indicateurs de suivi

6ème étape : Suivi des actions mises en place, de leur efficacité.

Quelles actions mener au sein de l’entreprise ?

Il existe tout un éventail d’actions à mettre en place. Celles à mener et à prioriser doivent être adaptées et choisies en fonction des problématiques de l’entreprise. Il existe plusieurs piliers sur lesquels s’appuyer pour mettre en place des actions bénéfiques sur la santé mentale des collaborateurs.

Vous trouverez dans l’infographie ci-dessous une check-list des actions et bonnes pratiques en la matière.

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Agir sur le management

Il est important de remettre en question et de revoir ses méthodes de management et de reconnaissance. Former ses managers au management bienveillant est également primordial pour le bien-être des salariés. Agir sur le management permet également de mieux gérer les relations entre les collègues.

Agir sur l’écoute et la communication

Mettre en place une réelle communication, des réunions d’équipes, des newsletters sur la vie de l’entreprise permet de ne pas laisser de place aux rumeurs ou à la communication informelle, qui peut exclure certains salariés.

Il est également important de mettre en place des canaux d’écoute des salariés (intervention de psychologues, brainstorming, boîtes à idées, etc.).

Agir sur l’évolution professionnelle

Agir sur ce pilier remotive les salariés, leur offre une perspective d’avenir grâce à la formation et à la promotion professionnelle. L’objectif est également de limiter la précarité des salariés.

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Agir sur l’organisation du travail

Nous l’avons vu, depuis la crise sanitaire, l’organisation du travail a été bouleversée par la mise en place massive du télétravail. Il est important d’encadrer les pratiques en la matière afin de préserver l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle.

Il est également possible de leur faciliter la vie en leur proposant des services, comme par exemple des crèches d’entreprise, ou de leur proposer une organisation du travail différente (la semaine de 4 jours a le vent en poupe).

Faire plaisir aux salariés

Choyer ses salariés par des actions pérennes ou ponctuelles contribue également à leur bien-être. Tout est possible ! Leur proposer des services : nettoyage de voiture pendant leur journée de travail, intervention d’un masseur, etc.

Il existe maintenant un grand nombre de plateformes destinées aux entreprises et à leurs salariés : Upfeel, MindDay, (coaching collectif), Teale (plateforme holistique de santé mentale), Ipesland (utilisant la réalité virtuelle).

Pour conclure

La santé mentale des Français a été mise à rude épreuve pendant la crise sanitaire, elle l’est maintenant avec la crise politique mondiale actuelle et l’inflation. Les employeurs doivent apprendre à concilier rendement et atteinte des objectifs financiers avec la qualité de vie et des conditions de travail.

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