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Protection des abeilles : les apiculteurs dénoncent un texte pas assez ambitieux

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Publié le 26 octobre 2021

ENVIRONNEMENT

Trois associations et syndicats défenseurs des apiculteurs et des abeilles dénoncent le manque d’ambition de l’arrêté encadrant l’épandage de pesticides. Le document doit être publié sous peu. Les défenseurs demandent des mesures plus protectrices, dans un contexte de récoltes désastreuses. 

Le texte n’a pas été encore publié mais il attise déjà la colère des défenseurs des abeilles. Une mise à jour de “l’arrêté abeille” a été transmise au Premier ministre Jean Castex mi-octobre et doit être publiée sous peu. La nouvelle version doit permettre de réactualiser celle de 2003 et fixer un nouveau cadre d’épandage des pesticides afin de mieux protéger les abeilles et les bourdons.

Le document en préparation prévoit d’étendre l’évaluation systématique d’impact sur les abeilles et les bourdons aux herbicides et aux fongicides. Celle-ci n’était auparavant obligatoire que pour les insecticides. L’arrêté prévoit aussi d’encadrer les heures d’épandage pour limiter l’exposition des abeilles aux traitements soit deux heures avant le coucher du soleil et jusqu’à trois heures après, avec possibilité de dérogations en cas “d’impasse technique“.

Les apiculteurs demandent plus de protection

Mais si le gouvernement annonce un texte “qui se veut ambitieux“, celui-ci n’a pas convaincu les représentants des apiculteurs en France, qui craignent “une manœuvre politique“. L’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), le Syndicat national d’apiculture (SNA) et l’association Terre d’abeille dénoncent dans un communiqué commun “un projet d’arrêté moins protecteur encore que celui en vigueur“.

Ils remettent notamment en cause la plage horaire d’épandage. Dans son avis publié en 2019, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), mandatée par le gouvernement, recommandait des traitements exclusivement à partir du coucher du soleil, c’est-à-dire lorsque les températures baissent et que les butineuses désertent les champs. Les apiculteurs demandent aussi la mise en place d’un étiquetage clair indiquant les produits phytosanitaires dangereux pour les abeilles et l’intégration du traitement du blé dans l’arrêté.

Un contexte de récoltes désastreuses

Ces revendications interviennent dans un contexte de récoltes catastrophiques. “La saison 2021 restera dans les mémoires comme une année désastreuse” a déploré l’Unaf. “Compte tenu des informations qui nous sont communiquées par nos syndicats départementaux et nos différents contacts sur le terrain, on peut raisonnablement estimer que la récolte de miel 2021 en France s’élèvera entre 7 et 9 000 tonnes soit près d’un tiers de celle de 2020″ a précisé son directeur, Christian Pons. Avec des conditions climatiques particulièrement défavorables au printemps et en été, les abeilles n’ont pas pu bénéficier des floraisons.

Les populations d’abeilles connaissent un déclin fulgurant. Depuis une quinzaine d’années, le taux de mortalité est estimé à environ 30 % en Europe à la fin de l’hiver. En 2018, les pertes ont même atteint dans certains cas 60 % voire 90 % de la population, selon l’Unaf. Le phénomène est si fréquent qu’il porte un nom depuis la fin des années 90 : le “syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles “. Et ce déclin n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour la production de miel. Près de 35 % de la production agricole mondiale dépend des pollinisateurs selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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