La COBEL Academy propose différentes dates et formats de Webinaires & Master Class

Quelles solutions face au réchauffement climatique : le résumé pour tout comprendre

solutions rechauffement climatique giec

Comment lutter contre le réchauffement climatique ? Quelles sont les solutions efficaces ? Que peut-on tirer des rapports du GIEC ? Faisons la synthèse des connaissances sur le sujet.

Le réchauffement climatique est un phénomène global qui est caractérisé par une augmentation des températures moyennes sur la planète, qui provoque des modifications importantes du climat et des phénomènes météorologiques.

On sait désormais depuis longtemps que le réchauffement climatique est d’origine humaine : ce sont les activités humaines qui provoquent des émissions de gaz à effet de serre (notamment du CO2, mais pas que) qui provoquent une hausse progressive des températures mondiales. On sait aussi, grâce aux rapports du GIEC notamment, que le réchauffement climatique modifie considérablement l’équilibre de notre environnement, de nos écosystèmes, et qu’il a des conséquences très significatives (et dangereuses) à la fois sur ces écosystèmes sur les sociétés humaines.

Il y a donc urgence à lutter contre le réchauffement climatique, c’est-à-dire à trouver des solutions pour éviter ce réchauffement, ou le ralentir, mais aussi pour faire face à ses conséquences. Alors, ces solutions au réchauffement climatique existent-elles ? Si oui, quelles sont-elles ? Sont-elles réalistes, et comment les mettre en oeuvre ? Pour y voir plus clair, voici un résumé qui expose l’état des connaissances scientifiques, et notamment des données du GIEC, sur les solutions au réchauffement climatique.

Les solutions au réchauffement climatique : de quoi parle-t-on ?

D’abord, il faut comprendre qu’il existe deux volets parmi les solutions au réchauffement climatique. Le premier, c’est ce que l’on appelle « l’atténuation » du réchauffement climatique. Cela consiste à faire en sorte d’éviter le réchauffement climatique, de le limiter, de diminuer la hausse des températures et donc d’éviter les conséquences les plus graves. Mais il y a aussi ce que l’on appelle « l’adaptation » au réchauffement climatique,. Cela consiste cette fois à se préparer aux conséquences possibles (et aux conséquences probables) du réchauffement climatique, en transformant nos sociétés et nos façons de vivre ou de produire pour éviter que le réchauffement climatique nous affecte trop.

Lorsque l’on parle de solutions au réchauffement climatique, il faut donc bien comprendre que ces deux volets sont indissociables. Avec l’atténuation, on peut limiter le réchauffement climatique, pour éviter qu’il soit trop important, mais il faut aussi que nous nous adaptions aux conséquences du réchauffement climatique qui sont déjà visibles : hausse des températures, hausse des risques de sécheresse, augmentation des catastrophes naturelles, etc. Les « solutions » ne permettent donc pas d’éliminer totalement le réchauffement climatique, mais elles sont indsipensables pour nous aider à y faire face.

Mais alors, en quoi consistent ces solutions d’atténuation et d’adaptation ? Commençons d’abord par l’atténuation, qui nous permettrait de ralentir ou d’éviter en partie le réchauffement climatique à venir.

Comprendre les enjeux de l’atténuation du réchauffement climatique

Pour limiter le réchauffement climatique, la première solution est d’agir sur ses causes. Or, on sait que ce sont essentiellement les émissions de gaz à effet de serre (GES) qui provoquent une augmentation de l’effet de serre et donc une hausse des températures. On peut donc limiter le réchauffement climatique en diminuant nos émissions de gaz à effet de serre.

Pour cela, il faut savoir d’où viennent nos émissions de gaz à effet de serre, quels secteurs émettent le plus de CO2. Environ 70 à 75% de nos émissions de gaz à effet de serre proviennent de la combustion de ce que l’on appelle les énergies fossiles. Ces énergies (le pétrole, le gaz naturel, le charbon) dégagent du CO2 lorsqu’elles sont brûlées, notamment dans les moteurs de nos voitures et autres moyens de transport, dans les centrales de production électrique, ou dans les industries. 25% de nos émissions environ sont sous forme de méthane, un autre gaz à effet de serre, qui vient cette fois-ci majoritairement de la fermentation de déchets organiques. Il s’agit alors principalement de la fermentation liée à la digestion des animaux d’élevage (les fameux rots des vaches), mais aussi celle de leurs excréments, et d’autres fermentations agricoles ou de déchets. Il existe bien entendu d’autres sources d’émissions de gaz à effet de serre, notamment liées à des produits chimiques, mais il s’agit là d’émissions moins importantes en volume.

D’autre part, la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère augmente également car nous détruisons ce que l’on appelle les puits de carbone, c’est-à-dire les phénomènes naturels qui absorbent le CO2, principal gaz à effet de serre. La déforestation (le fait de couper des arbres) en est un bon exemple, tout comme la dégradation des écosystèmes marins, qui stockent également beaucoup de carbone. Il faut donc trouver des manières de re-stocker ces GES, de façon naturelle ou artificielle.

Les solutions pour limiter le réchauffement climatique : liste résumée

Pour limiter nos émissions, les principales pistes de solutions sont donc liées à trois problématiques :

  • Limiter l’usage des énergies fossiles pour limiter les émissions de CO2
  • Limiter les émissions de méthane liées aux fermentations agricoles et naturelles, ou aux procédés industriels
  • Mieux gérer nos puits de carbone

Pour cela, plusieurs voies existent, qui mêlent des changements de modes de production, de consommation et de vie, des nouvelles technologies et des innovations.

Les solutions pour limiter l’usage des énergies fossiles

Solutions de substitution des énergies fossiles

  • Remplacer les énergies fossiles utilisées pour notre production électrique par des énergies dites « bas carbone »

Aujourd’hui, plus de 60% de l’électricité mondiale est générée par des énergies fossiles (charbon ou gaz notamment). L’enjeu est donc de remplacer ces énergies par des énergies bas carbone : énergies renouvelables (éolien, solaire, hydroélectricité), énergie nucléaire, ou encore les technologies gas-to-power, grâce à du gaz renouvelable : le biogaz.

Cette transition énergétique est un chantier important car il faut gérer l’intermittence des énergies renouvelables. Comment ? Grâce aux technologies de stockage de l’électricité, aux mécanismes d’effacement, au lissage de la consommation, au big data, etc.

  • Remplacer les carburants fossiles des véhicules par des motorisations électriques

30% de l’énergie dans le monde (et 60% du pétrole) est utilisé pour faire circuler des véhicules pour le transport, en premier lieu, des voitures. En remplaçant les véhicules thermiques par des véhicules électriques, on peut donc limiter l’usage du pétrole et le remplacer par de l’électricité, qui, elle, peut-être produite grâce à des énergies bas carbone. Voir aussi : La voiture électrique est-elle vraiment écologique ?

Pour certains types de véhicules (par exemple les véhicules longue distance, camions de transport, bus ou avions) certains envisagent également de développer des véhicules électriques à hydrogène, basés sur des piles à combustibles. Mais la pertinence de ces solutions est discutée, car l’hydrogène « vert » n’est pas toujours écologique.

  • Remplacer les carburants fossiles des véhicules par des carburants renouvelables

Il est aussi envisageable de réduire l’empreinte carbone du transport en remplaçant les carburants fossiles actuels par des carburants bas carbone ou renouvelables. C’est le cas par exemple du biogaz ou des biocarburants. Il s’agit de carburants produits à partir de ressources renouvelables, notamment la biomasse, et donc on considère qu’ils contribuent moins à l’accumulation de GES dans l’atmosphère. S’ils ne sont pas « zéro carbone » ils peuvent être un moyen de faire baisser l’empreinte carbone des transports.

L’hydrogène peut aussi être utilisé comme carburant pour certains véhicules (plutôt que de passer par le biais d’une pile à combustible). C’est l’une des pistes envisagées pour développer une aviation moins émettrice de CO2, avec les SAFs (Sustainable Aviation Fuels).

  • Remplacer les sources de chauffage fossiles par des solutions électriques, et bas carbone ou renouvelables

Le chauffage est l’une des sources majeures de consommation d’énergie fossile dans le monde. Pour lutter contre le réchauffement climatique, il est donc essentiel de remplacer les sources de chauffage qui utilisent des énergies fossiles (chaudière au gaz, au fioul, etc…) par des systèmes utilisant l’électricité ou des carburants bas carbone.

Là encore, le biogaz peut remplacer le gaz fossile, mais les pompes à chaleur électriques sont une solution privilégiée de décarbonation. Les technologies de panneaux solaires à concentration peuvent également être utiles. Quant au chauffage au bois : il fait débat, car son impact environnemental peut être considérable (notamment pour les particules fines) et son impact carbone est discuté. Chauffer au bois, c’est en effet couper des arbres, et cela peut donc participer à la déforestation, sauf si le bois est issu d’une filière bien gérée.

  • Remplacer les énergies fossiles dans l’industrie par des substituts renouvelables ou bas carbone

Enfin, l’industrie doit également se transformer pour limiter sa dépendance au énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole…). Pour cela, des solutions sont en cours de développement, pour permettre aux industries lourdes d’utiliser plutôt l’électricité que les énergies fossiles.

Pour la production d’acier, certains envisagent de remplacer les énergies fossiles par de l’hydrogène.

Cela dit, ces énergies de substitution ne sont pas totalement « vertes » malgré leurs avantages du point de vue du carbone. Elles demandent parfois de grandes quantités de matériaux, et leur production pèse sur les écosystèmes et sur la biodiversité (Voir aussi : Les énergies renouvelables sont-elles écologiques ? et La transition énergétique pèse sur la biodiversité). Pour cette raison, les experts s’accordent aujourd’hui pour dire que pour mettre en place ces énergies nouvelles de façon réellement écologique, il faudra un changement profond de nos modes de consommation et de production, et en particulier une diminution de nos besoins en énergie et en ressources : c’est la sobriété.

Solutions de diminution de l’usage des énergies

L’enjeu est donc de diminuer nos besoins en énergie à tous les niveaux : d’abord les transports et bâtiments résidentiels et tertiaires, qui sont parmi les premiers consommateurs, mais aussi dans l’industrie et les infrastructures publiques.

  • Diminuer nos besoins en électricité

La première piste d’action à avoir en tête pour cela, c’est ce que l’on appelle la sobriété énergétique. Elle consiste à modifier ses comportements et ses habitudes de manière à avoir besoin de moins d’électricité : surveiller ses consommations, ne pas laisser ses équipements allumés, etc.

Le pendant de cette sobriété énergétique, c’est l’efficacité énergétique, qui consiste à optimiser les équipements et les processus de consommation électriques pour répondre à nos besoins en utilisant moins d’électricité. Par exemple ? Produire des équipements électriques moins gourmands en énergie (les LED, les équipements basse consommation, etc…).

  • Diminuer nos besoins en chauffage et refroidissement : le chantier de l’isolation des bâtiments

Mêmes enjeux pour nos besoins en chauffage et en refroidissement. Le premier geste c’est la sobriété : baisser le chauffage chez soi ou dans les bâtiments publics permet de réduire considérablement nos besoins en énergie (électricité, gaz, etc.). Changer nos comportements et nos habitudes participe à cette sobriété.

L’un des grands chantiers de la sobriété en matière de chauffage, c’est la rénovation thermique et l’isolation des bâtiments. Dans de nombreux pays, les passoires énergétiques mènent à une surconsommation d’énergie qui amplifie les émissions de GES et le réchauffement climatique. En France, les pouvoirs publics ont pour ambition de rénover 700 000 bâtiments par an.

L’enjeu est aussi de développer des systèmes de chauffage plus efficaces en énergie : pompes à chaleur optimisées et modernisées, chauffage par le sol, etc.

  • Diminuer nos besoins en déplacements en véhicules polluants

Les véhicules les plus polluants représentent dans les pays développés la majorité des modes de déplacements. Il s’agit notamment de la voiture individuelle (notamment thermique) mais aussi des avions, deux roues, etc. L’enjeu est donc de limiter l’usage de ces véhicules, car même en les remplaçant par des véhicules moins polluants, ils continueront à exercer des pressions énormes sur l’environnement et le climat.

Comment faire ? Développer les transports en commun, favoriser les mobilités actives, concevoir des espaces urbains nécessitant moins de déplacements, développer le covoiturage, le télétravail, etc.

  • Diminuer nos besoins industriels

Les secteurs industriels ont aussi une responsabilité pour réduire leur consommation énergétique. De nombreux projets ont été accomplis grâce à l’efficacité énergétique, mais aussi grâce à l’éco-conception et les progrès des technologies de production.

Aujourd’hui, l’enjeu est aussi de développer des modèles de production plus sobres, c’est-à-dire concrètement de réduire les productions industrielles grâce à l’économie de la fonctionnalité, l’économie collaborative ou l’économie circulaire. Produire moins, mais mieux, ce qui implique aussi de transformer nos systèmes de consommation.

Ces solutions ne sont toutefois pas simples à mettre en oeuvre, car la consommation énergétique est centrale dans notre système économique et social. Réduire nos besoins en énergie, c’est donc bien souvent changer nos modes de production, nos modes de consommation et nos modes de vie : bref, changer de société (voir plus bas).

Les solutions pour limiter les émissions de méthane

Près d’un quart des émissions de GES sont sous forme de méthane, un gaz dont le pouvoir de réchauffement de l’atmosphère (ou pouvoir de réchauffement global, PRG) est 30 fois plus élevé que celui du CO2. Le méthane a une durée de vie plus courte que le CO2 dans l’atmosphère. Diminuer nos émissions de méthane est donc un axe prioritaire pour lutter rapidement contre le réchauffement climatique.

Solutions de transformations des systèmes d’élevage

L’élevage étant l’une des principales sources de méthane anthropique, c’est l’un des secteurs où les actions sont prioritaires.

  • Diminuer l’élevage et la production d’aliments d’origine animale

Premier axe d’action : diminuer l’élevage, notamment d’animaux ruminants (boeuf, veau, agneau) qui sont une source majeure de méthane. Si l’on diminuait le cheptel d’élevage progressivement, en changeant nos habitudes alimentaires, on réduirait très rapidement notre impact sur le climat. Cela veut dire limiter la production de viande, de produits laitiers, mais aussi de produits d’origine animale divers (cuir, laine…).

L’enjeu est donc de végétaliser notre alimentation, pour remplacer les nutriments issus des produits d’origine animale par des aliments d’origine végétale, moins polluants. Les légumineuses par exemple, constituent un bon substitut pour remplacer la viande. Développer des produits de substitution (substituts végétaux, viande artificielle) pourrait s’avérer utile pour accélérer ces changements d’habitudes alimentaires. Mais il s’agit surtout de sensibiliser et de briser les idées reçues autour de l’alimentation végétale, qui est meilleure pour la santé comme pour l’environnement.

  • Changer les pratiques d’élevage

Il faut également transformer les pratiques d’élevage pour limiter les émissions associées à ces activités. Par exemple ? Adopter des pratiques d’élevage plus écologiques, peut-être plus extensives et plus en phase avec les écosystèmes (comme le pâturage), qui peuvent permettre en outre de mieux stocker le carbone dans les sols. Attention cependant : l’impact écologique de ces pratiques est encore discuté, et une chose est sûre, ces méthodes d’élevage sont incompatibles avec une production et une consommation de masse des produits d’origine animale.

On peut aussi imaginer changer le régime alimentaire des animaux d’élevage pour réduire la fermentation entérique. Certains estiment qu’un régime de pâturage, mêlé à certaines plantes ou algues, notamment enrichies en omega 3 (le lin par exemple) permet de réduire la fermentation liée à la digestion des ruminants et donc leurs émissions de méthane.

  • Mieux valoriser les déchets de l’élevage

Les déchets issus de l’élevage (notamment les déjections) sont aussi un enjeu pour la lutte contre le réchauffement climatique. En se décomposant dans certaines situations, ils dégagent du méthane. Il faut donc les gérer de façon appropriée : compost, valorisation énergétique pour produire du biogaz.

Limiter les fuites de méthanes de nos systèmes énergétiques et industriels

Les systèmes énergétiques et industriels, ainsi que le secteur du traitement des déchets sont aussi une grosse source de méthane.

  • Gérer les fuites

L’exploitation des énergies fossiles (mines, explotation gazières ou pétrolières) provoquent des rejets de méthane sous-terrain vers l’atmosphère, contribuant fortement aux émissions de méthane mondiales. Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut donc avant tout réduire l’exploitation des énergies fossiles (ce qui est logique puisque l’on cherche de toute façon à les remplacer dans le cadre de la transition énergétique). Mais pour les exploitations dont on ne pourra pas se passer, il faut aussi faire en sorte de réduire ces fuites, en optimisant les technologies et en développant des techniques de capture (voir plus bas).

Les fuites doivent également être gérées au niveau des systèmes de distribution, dans les circuit de gaz des villes et même chez les particuliers. Des milliers de fuites de gaz sont aussi détectées chaque année en France, et des études ont montré que ces fuites sont sous-estimées par les inventaires des émissions.

  • Changer nos procédés industriels

Des rejets de méthane et surtout d’autres gaz à effet de serre ont également lieu dans divers industries : industries chimiques, plastiques, production énergétique, etc. L’enjeu est donc de mieux identifier et limiter ces fuites.

  • Mieux gérer les déchets

La gestion des déchets est également une source majeure de méthane et de GES. Le traitement des déchets (solides et liquides) pourrait représenter jusqu’à 20% des émissions de méthanes mondiales (presque autant que l’élevage). Là encore, mieux gérer ces émissions passe par des études plus précises de ces sujets et la recherche de solutions diverses : sobriété, innovation, etc.

Limiter les émissions de méthane des écosystèmes agricoles et naturels

Outre l’élevage, le secteur agricole et de la gestion des terres et des solsest une source non-négligeable de méthane et de gaz à effet de serre.

  • Mieux gérer les écosystèmes agricoles et en particulier les sols

Dans les écosystèmes agricoles, la gestion des sols est un enjeu majeur pour lutter contre le réchauffement climatique. En fonction des pratiques agricoles (labour, cultures sous couvert végétal, pâturages, poly-culture élevage) les sols agricoles peuvent être une source d’émissions de gaz à effet de serre, notamment du méthane, ou au contraire être un puits de carbone et donc lutter contre le réchauffement climatique. Bien-sûr, les problématiques agricoles sont complexes, et il est difficile d’identifier là une solution unique, car les résultats varient en fonction des climats, des cultures et des pratiques agricoles. Mais de plus en plus de chercheurs et d’agriculteurs travaillent pour identifier des solutions pour la gestion des sols.

  • De nouvelles pratiques nouvelles pour les systèmes agricoles humides (rizières)

Cela peut paraître anecdotiques, mais les systèmes agricoles humides, et en particulier les rizières, sont une source importante de méthane. Les données montrent qu’à elles seules, les rizières pourraient représenter 10% et plus des émissions de méthanes mondiales. Mais là encore, des solutions existent pour limiter cet impact : changer les variétés de riz cultivées, en fonction des climats, changer les pratiques de semis, ou les méthodes d’irrigation.

  • Gérer et protéger les écosystèmes naturels

Enfin, les émissions de méthanes ont aussi une source naturelle. Certains écosystèmes (les zones humides) peuvent être dans certaines conditions des sources de méthane. Pour limiter le réchauffement climatique, il faut donc veiller à gérer correctement ces zones et à les protéger des dégradations qui les rendent plus fragiles, et plus susceptibles de générer du méthane. Ainsi, certaines zones des forêts humides de l’Amazonie sont en train de devenir des sources de GES, à force d’être fragilisées par le réchauffement climatique et la déforestation.

Si l’on parvenait à mettre en oeuvre ces axes de transformation liées à l’énergie et au méthane, on réduirait déjà une bonne partie des émissions d’origine humaine. Mais il sera vraisemblablement impossible d’amener nos émissions de CO2 à un niveau proche de la « neutralité carbone » sans augmenter les puits de carbone.

Les solutions pour mieux gérer les puits de carbone (et la géoingénierie)

Il existe grosso modo deux types de puits de carbone : les puits de carbone naturels (forêts, océans, sols…) qui peuvent capter du CO2 dans certaines conditions, et les puits de carbone artificiels (technologies de capture du carbone) qui pourraient nous permettre d’accélérer la lutte contre le réchauffement climatique en éliminant une partie du CO2 atmosphérique excédentaire. Certains envisagent aussi, en plus, des solutions de géoingénierie, soit pour absorber le CO2 soit pour limiter le rayonnement solaire.

Préserver et restaurer les puits de gaz à effet de serre naturels

  • Préserver les écosystèmes naturels

Les activités humaines ont très largement dégradé les puits de carbone naturels de la planète. En détruisant les forêts, en dégradant les écosystèmes océaniques ou encore les sols et les zones humides, les activités humaines ont contribué à diminuer les capacités de résilience de écosystèmes et à accélérer encore plus le réchauffement climatique.

L’enjeu aujourd’hui est d’inverser cette tendance : cela veut dire lutter contre la déforestation, préserver les forêts, limiter l’artificialisation des sols, préserver les zones humides et les écosystèmes marins, etc. Cela implique de développer les espaces naturels protégés, de limiter nos activités industrielles et agricoles dans les zones fragiles, etc.

  • Restaurer et développer des puits de carbone naturels

Mais il s’agit aussi de restaurer et développer ces puit de carbone naturels. En replantant des arbres (c’est la reforestation) on peut contribuer à stocker plus de carbone. Attention toutefois : la reforestation n’est pas une solution miracle, et est une technique complexe. Les stratégies actuelles de reforestation sont bien souvent insuffisantes et inefficaces pour stocker durablement du carbone. Il faudra donc les encadrer et les réguler pour qu’elles soient efficaces.

Même chose pour les zones humides, que l’on peut restaurer efficacement en mettant en place certaines stratégies de protection et de réhabilitation.

Développer des puits de carbone artificiels

Il existe aussi des techniques pour capter artificiellement le carbone : capture direct, bioénergie avec captage et stockage de dioxyde de carbone, avec des systèmes postcombustion, pré-combustion…

  • Les systèmes de capture du carbone atmosphériques

On peut par exemple, grâce à des « aspirateurs à CO2 » capter le carbone directement dans l’atmosphère pour le stocker sous une forme stable (matériau, carburant, stockage en sous-sol…). Ces solutions sont de plus en plus étudiées, mais elles sont controversées. Elles demandent en effet de grands quantités d’énergie, ce qui est en principe contradictoire avec l’objectif de réduire nos besoins en énergie (voir plus haut). Le bilan carbone de ces technologie n’est pas toujours très bon aujourd’hui.

Plusieurs types de technologies existent ou sont en cours de développement.

  • Les systèmes de capture du carbone pré et post-combustion

Il est aussi possible de capter le CO2 émis par les activités humaines, notamment aux étapes de combustion des ressources énergétiques. Il existe des techniques pour capter de CO2 pré-combustion, c’est-à-dire avant l’utilisation des énergies par différents processus qui permettent de produire des gaz de synthèse. Les processus de capture post-combustion permettent au contraire de capter le CO2 au moment où il s’échappe, lors de la combustion afin d’éviter qu’il se retrouve dans l’atmosphère.

Associées à la production de bioénergies (biogaz, biocarburant), ces technologies permettent en outre de produire ce que l’on appelle des bioénergie avec captage et stockage de dioxyde de carbone, qui permettraient de produire des énergies et carburants très carbone. Mais pour l’heure, l’impact de ces technologies de capture est encore très discuté, car le bilan carbone et environnemental global n’est pas clair. Le GIEC inclue toutefois ces techniques parmi les pistes d’action possibles pour réduire jusqu’à 20 milliards de tonnes de CO2 par an.

La géoingénerie

Enfin, certains estiment que l’on peut réduire l’impact du réchauffement climatique grâce aux techniques de géo-ingénierie, qui permettent soient de limiter le réchauffement en diminuant le rayonnement solaire sur Terre, soit en boostant la capture du carbone de certains écosystèmes grâce à des techniques physico-chimiques.

  • Géoingénerie solaire

La géoingénerie solaire consisterait principalement à injecter des aérosols dans les couches hautes de la stratosphère pour réduire la quantité de rayonnements solaires atteignant la Terre, limitant ainsi la hausse des températures. Mais ces techniques sont très contestées : elles n’ont jamais été testées réellement, et on ne connait pas les conséquences de ces manipulations du climat, qui pourraient perturber durablement l’équilibre climatique mondial.

D’autres envisagent de développer des « parasols » solaires, sous forme d’objets satellitaires, pour limiter l’impact du rayonnement. Là encore, sans garantie d’efficacité ou de conséquences imprévues.

  • Géoingénerie écosystémique

La géoingénierie écosystémique regroupe l’ensemble des techniques consistant à manipuler des écosystèmes pour développer leurs capacités à capturer du carbone. Par exemple, certains envisagent d’ensemencer ou de fertiliser des écosystèmes océaniques grâce à des sulfates de fer, pour que s’y développent des algues capables de capter du CO2.

D’autres envisagent ds pistes comme l’usage de chaux pour moduler le pH océanique, et éviter ainsi l’acidification des océans, pour préserver les capacités de stockage des écosystèmes marins. L’usage de biochar pourrait aussi permettre de booster la croissance des végétaux qui stockent du carbone par la photosynthèse.

Mais encore une fois, toutes ces techniques sont controversées, et beaucoup de scientifiques appellent à des moratoires sur leur usage afin d’éviter de dégrader encore nos écosystèmes. Voir aussi : Les dangers de la géoingénierie climatique.

  • Géoingénerie divers

Enfin, il existe d’autres techniques variées de géiongénierie envisageables : l’altération forcée de certains minéraux pour provoquer le stockage du carbone, la modification de l’albédo de certaines zones pour refléter le rayonnement solaire. Des techniques encore et toujours contestées.

Les solutions pour limiter le réchauffement climatique sont donc nombreuses, et aucune n’est une solution parfaite. Les solutions fondées sur des nouvelles technologies (voiture électrique, à hydrogène, biocarburants) ont par exemple d’autres impacts environnementaux qu’il faut prendre en compte avant de les mettre en place.

La plupart de ces pistes d’action permettraient toutefois de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, à condition d’être mises en place de façon pertinente. Mais chacune de ces pistes demande des efforts de transformation, de coordination, d’anticipation. Réduire l’usage de la voiture, la remplacer par des voitures électriques, cela demande par exemple de transformer nos espaces urbains, nos habitudes. Changer nos modes de production agricole implique d’accompagner les exploitants dans la transformations de leurs pratiques, de soutenir des filières nouvelles, etc. Il y a aussi un enjeu de répartition des efforts, répartition financière notamment : comment faire ces transitions tout en permettant aux plus précaires d’accéder à une vie digne et épanouissante ? Comment mieux partager les richesses.

Les solutions d’adaptation au réchauffement climatique

En plus de ces actions d’atténuation, lutter contre le réchauffement implique également de s’adapter aux nouvelles réalités climatiques provoquées par le réchauffement climatique actuel, et par le réchauffement qui se produira encore dans les prochaines décennies.

Par définition, ces stratégies d’adaptation doivent être pensées au plus près des territoires, pour faire face aux évolutions provoquées par le réchauffement climatique localement. En effet, les changements climatiques ne seront pas les mêmes partout sur la planète : certains endroits seront plus chauds que d’autres, certains plus humides que d’autres, les écosystèmes évolueront de façon différenciée en fonction des climats et des milieux. Il n’y a donc pas de solutions d’adaptation uniques, mais bien des solutions variées pour des territoires variées.

Mais on peut tout de même identifier des pistes d’actions à mettre en oeuvre. Il s’agit notamment d’anticiper les évolutions à venir, de mettre en place des procédures de gouvernance pour guider l’adaptation, et de mettre en place des actions de transformation de nos pratiques agricoles, de nos industries et de nos infrastructures

Anticiper les transformations écologiques et climatiques

Pour nous adapter, il faut d’abord savoir où l’on va. Pour cela, il est indispensable de mieux anticiper les transformations à venir.

Évaluer les trajectoires climatiques précisément

  • Développer la recherche

Il s’agit alors de développer massivement la recherche sur les sujets climatiques, pour mieux comprendre comment risquent d’évoluer les systèmes climatiques au niveau local. De plus en plus de chercheurs appellent ainsi à plus de financements, au partage des données de la recherche, etc.

  • Engager la co-construction et la diffusion des données scientifiques

Il s’agit aussi de mobiliser les chercheurs et leurs données pour collectivement construire une connaissance des enjeux de l’adaptation. Il faut aussi former les parties prenantes et les inciter à coopérer. En France, Météo France est ainsi critiquée pour ne pas avoir ouvert la totalité de ses données climatiques, afin de permettre aux chercheurs de mieux comprendre les mécaniques climatiques dans le pays.

Comprendre les dynamiques des écosystèmes

  • Étudier l’avenir des écosystèmes naturels

Même enjeu pour les sujets écosystélmiques en général. Avec les modifications climatiques, les écosystèmes et la biodiversité font évoluer. Comment ? Quels risques cela représente-t-il pour nous ? Nos systèmes agricoles ? Nos ressources en eau ? Autant de questions qu’il faut pouvoir anticiper pour adapter nos pratiques agricoles, nos systèmes énergétiques, par exemple.

  • Décloisonner la recherche

Pour arriver à cette compréhension globale, il faut évidemment que les chercheurs des différentes disciplines se parlent. Or les disciplines scientifiques et la recherche fonctionnent souvent en silos, ce qui rend difficile l’évaluation des transformations écosystémiques globales et l’émergence d’une connaissance fine des évolutions attendues.

Adapter nos modes de gouvernance

Créer une culture de l’adaptation

  • Mettre l’adaptation sur le devant de la scène

Au-delà de la recherche, il est nécessaire de créer une vraie culture de l’adaptation écologique dans nos sociétés. L’adaptation est en effet un enjeu souvent négligé par les pouvoirs publics, les entreprises, et même les collectivités. Il s’agit donc d’en parler, de sensibiliser les acteurs, afin qu’elle devienne une priorité politique.

  • Former les acteurs

L’étape suivante, c’est former les décideurs, les acteurs économiques et l’ensemble des parties prenantes aux enjeux de l’adaptation, en utilisant justement les données développées par la recherche.

Créer et développer des structures institutionnelles pour l’adaptation

  • Créer des institutions ad hoc

De nombreuses organisations ont un rôle dans la définition des stratégies d’adaptation dans différents pays. En France, l’ADEME, le Haut Conseil pour le Climat, le CEREMA, l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), participent tous à définir les choix en matière d’adaptation. Mais leur rôle est souvent limité, et pas toujours très bien défini.

  • Une gouvernance collaborative

Et comme l’adaptation est forcément une problématique à définir au niveau local, il faut que ces institutions s’engagent dans un dialogue avec les collectivités locales, et que l’ensemble de ces acteurs disposent de ressources (financières, humaines, techniques) pour s’engager en matière d’adaptation.

Adapter nos infrastructures et nos systèmes sociaux et de production

Avec cette gouvernance et ces connaissances, plusieurs pistes doivent être envisagées pour s’adapter vraiment à la crise climatique.

Transformer nos infrastrutures

  • Des bâtiments et des espaces urbains adaptés

Penser des bâtiments avec une bonne isolation thermique, capables de réguler les températures, dans des espaces urbains adaptés, végétalisés, utilisant des matériaux adaptés : voilà l’un des enjeux majeurs pour préserver l’habitabilité de nos villes et de nos logements dans un contexte de climat changeant.

  • Adapter nos systèmes énergétiques et industriels

En 2022 en France, la production hydro-électrique était à un niveau très faible à cause de la sécheresse. La hausse des températures pèse aussi sur la production nucléaire et même solaire. Comment produire de l’énergie dans un contexte si changeant ? En tout état de cause, il faut prévoir les évolutions et les anticiper pour développer des infrastructures de production adaptées.

Adapter les activités des territoires

  • Anticiper les évolutions économiques

Avec un climat qui change, de nombreuses activités économiques, industrielles, culturelles et même touristiques seront transformées. Il faut les anticiper pour investir. Quel avenir pour les stations de ski ? Pour l’industrie forestière dans un contexte difficile pour les forêts françaises ? Autant de questions à se poser pour anticiper.

  • Transformer notre agriculture

Mêmes enjeux pour l’agriculture : ce qui pousse aujourd’hui dans la Beauce sera-t-il toujours cultivable en 2050 ? Comment faire face au manque d’eau, aux variations climatiques ? Quelle variétés cultiver dans ce contexte difficile ? Quelles pratiques adopter ? Voilà l’un des enjeux majeurs pour assurer la souveraineté alimentaire et la pérennité de l’agriculture.

Changer de système économique et social

  • La sobriété choisie plutôt que subie

Le réchauffement climatique et la crise environnementale pèse lourdement sur les activités économiques, et rendent plus difficile la production d’un certain nombre de secteurs. Si l’eau manque, si les catastrophes climatiques perturbent les chaînes d’approvisionnement, si les ressources sont plus chères à produire et à exploiter, l’activité risque de ralentir dans de nombreux secteurs. Plutôt que de subir cette sobriété, l’adaptation vise à trouver des solutions alternatives : nouveaux modèles économiques, nouvelles pratiques industrielles, nouveaux modèles financiers, etc.

  • Adapter nos systèmes sociaux

Enfin, s’adapter, c’est aussi faire en sorte que nos systèmes sociaux puissent supporter les difficultés de la crise écologique et climatique globale. Protéger les plus vulnérables, adapter le monde de l’assurance, prévoir les évolutions des systèmes de santé sont des enjeux essentiels.

Il ne s’agit évidemment là que d’une liste incomplète, non exhaustive, qui synthétise l’état des connaissances concernant les actions de lutte contre le réchauffement climatique. En tout état de cause, ces solutions sont par définition complexes à mettre en oeuvre, et impliquent de réfléchir profondément à nos structures sociales et économiques, et à changer profondément de système. Mais les pistes d’action existent et sont nombreuses dans pratiquement tous les secteurs, à condition qu’une volonté collective permette de les mettre en oeuvre.

Photo par Andreas Gücklhorn sur Unsplash

Dans ce monde complexe qui se dessine devant nous…

…nous sommes plus que jamais déterminés à décrypter et analyser tous les grands phénomènes qui agitent nos sociétés. A mettre sur le devant de la scène de l’information fact-checkée, basée sur la science, sans a priori et sans concession. A fournir aux citoyens de meilleures clefs de compréhension et d’action dans un monde en transition.
Pour fournir une information indépendante, de qualité, disponible au plus grand nombre et sans publicité pour le nouveau 4×4, nous pensons que l’information doit être libre.
Mais cela ne peut se faire sans vous.

Nous avons besoin de vous pour construire avec nous une information de qualité et gratuite pour tous, pour la diffuser, pour la partager autour de vous, mais aussi pour nous aider à préserver notre indépendance financière.
Chaque fois que vous contribuez par exemple à hauteur de 50 euros (17 euros après déduction fiscale), ce sont 2 000 citoyens qui sont mieux informés sur des sujets d’avenir.

Merci d’avance, en espérant continuer longtemps à construire avec vous une information digne de notre avenir,

L’équipe éditoriale de Youmatter.

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article