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Réchauffement climatique : le Canada et l’ouest américain suffoquent sous un “dôme de chaleur”

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Publié le 29 juin 2021

ENVIRONNEMENT

41,6 °C à Seattle, 46,1 °C à Portland, 47,9 °C au nord-est de Vancouver… l’ouest américain et le Canada explosent les records de température à cause d’un “dôme de chaleur” qui recouvre la zone. Ce phénomène exceptionnel, aggravé par le changement climatique, a provoqué la fermeture d’écoles, la suspension des campagnes de vaccination contre le Covid-19 et des problèmes d’approvisionnement en énergie. Les populations noires, qui vivent dans les zones les plus chaudes des villes américaines, sont les plus impactées.

Le  “dôme de chaleur” fait exploser les records de températures. Le thermomètre affichait 46,1 °C à l’aéroport de Portland le 28 juin après un record de 44,6 °C la veille. À Seattle, le service météorologie américain (NWS) a rapporté une température à 41,6 °C. Mais c’est l’ouest du Canada qui détient la palme. À Lytton, village au nord-est de Vancouver, le record établi la veille a encore été battu : le mercure a grimpé jusqu’à 47,9 degrés. La température la plus élevée jamais enregistrée au Canada avant cette vague de chaleur était de 45 degrés en 1937.

Cette vague de chaleur s’explique par un phénomène appelé “dôme de chaleur” : de hautes pressions emprisonnent l’air chaud dans la région. De quoi susciter de “graves” inquiétudes pour la santé, note le climatologue en chef d’Environnement Canada, David Phillips. D’autant plus qu’il dure depuis plusieurs jours. L’intensité de ce “dôme de chaleur” est “tellement rare statistiquement qu’on pourrait ne s’y attendre qu’une fois tous les quelques milliers d’années en moyenne”, ont écrit les spécialistes météo du Washington Post.

Le changement climatique empire les vagues de chaleur 

Si le changement climatique n’est pas l’élément déclencheur, il empire le phénomène. “L’élément principal est ce modèle météorologique très inhabituel” du dôme de chaleur, explique Nick Bond, climatologue à l’université de Washington. Ceci “étant dit, le changement climatique est réel, nos températures se sont réchauffées ici“, ce qui a “rendu cet épisode de chaleur encore plus sévère”. Or ces températures sont difficilement supportables pour les êtres humains et les infrastructures. 

Des internautes ont ainsi publié des photos de câble d’alimentation électrique en train de fondre ou des soulèvements de routes dus à l’extrême chaleur.

Au Canada, les climatiseurs et ventilateurs sont en rupture de stock. Des villes ont ouvert des centres de rafraîchissement. Des campagnes de vaccination contre le Covid-19 ont été annulées, et des écoles fermées. “Nous sommes le deuxième pays le plus froid du monde et le plus enneigé”, donc peu habitué à cette “chaleur du désert, très sèche”, a expliqué David Phillips.

Les personnes racisées en première ligne 

Certaines populations sont particulièrement impactées par le “dôme de chaleur” et le changement climatique en général. Une étude publiée dans Nature Communications fin mai indique que les personnes noires vivant dans des villes américaines sont soumises à un niveau de stress thermique deux fois plus élevé que les personnes blanches non hispaniques. En moyenne, les personnes racisées vivent dans la partie la plus chaude des villes américaines, entraînant des problèmes de santé comme des accidents vasculaires cérébraux, de la déshydratation etc. 

Cette surexposition des personnes noires au stress thermique découle, selon les chercheurs, des pratiques de ségrégation raciales. Dans les années trente, le “redlining” consistait à refuser des prêts immobiliers à certaines populations dans des zones géographiques déterminées. Si cette pratique n’a plus lieu aujourd’hui, cela a conduit a concentré les personnes racisées, qui sont davantage précaires, dans les quartiers qui connaissent les plus fortes chaleurs. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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