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Réchauffement climatique : Météo France revoit à la hausse ses “normales” saisonnières

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new normal meteoo

Publié le 30 juin 2022

ENVIRONNEMENT

Paris prend les températures de Bordeaux, Strasbourg celles de Lyon… La mise à jour des normales de saison dessine une France plus chaude et plus sèche, particulièrement dans l’Est, et au printemps et en été. Sur la nouvelle période de référence 1990-2020, Météo-France a calculé une hausse des températures de 0,4°C par rapport à la période précédente 1980-2010. Résumé en quelques cartes de la nouvelle normalité.

Les records de chaleurs atteints dans de nombreuses villes françaises ces dernières semaines, liés à une plume de chaleur aussi intense que rapide, poussent à se questionner sur l’état du climat en France. Météo-France offre une prise de recul en actualisant ses “normales climatiques”, plus couramment nommées “saisonnières”. Un rituel effectué tous les dix ans pour s’aligner sur les recommandations de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Sans surprise, la température moyenne annuelle observée sur la nouvelle période de référence 1991-2020 est en hausse. Elle atteint 12,97°C, soit un peu plus de 0,4°C par rapport à la période de référence précédente 1981-2010. La dernière décennie présente l’écart le plus fort avec cette référence, avec une hausse moyenne de 0,88°C. 

Les normales climatiques permettent de “caractériser le climat” sur une période donnée, par convention une période de 30 ans, et “servent de référence pour analyser les événements climatiques en temps réel”, expliquent les services météo français. Fait notable, plusieurs villes ont connu des températures qui étaient habituellement attribuées à des villes situées plus sud, comme Le Mans, qui prend la température de référence de Bordeaux, et Strasbourg, qui prend la température de référence de Lyon. 

Une hausse notable au Printemps et en été

C’est au printemps et en été que la hausse de la nouvelle normale de température annuelle est la plus forte, mais elle n’est pas au même niveau partout. La hausse est plus marquée sur l’est continental (Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté) et un peu moindre sur les zones littorales (Bretagne et Corse) et en outre-mer. La température de référence baisse même à la station polaire de Dumont d’Urville (Antarctique), de 0,2°C.

Des pics de température plus nombreux sont observés. Par rapport à la période précédente, le nombre de jours de forte chaleur, lorsque la température maximale est supérieure ou égale à 30°C, augmente notamment à Nîmes (+8 jours), Figari (+9) ou Marignane (+10). Le nombre de “nuits tropicales”, c’est à dire supérieures à 20°C est aussi en augmentation. Ces changements de normales climatiques ne remettent pas en cause les seuils de vigilance canicule, qui “sont calculés par rapport à des indice bio-météorologiques”, en collaboration avec Santé publique France et d’autres agences, explique Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

“Des effets combinés”

Le niveau des précipitations a peu évolué en moyenne nationale, mais de évolutions sont à noter localement, notamment dans le Nord-Est, où le cumul moyen des précipitations diminue. Bonne nouvelle pour contrer les sécheresses, en PACA et Corse à l’inverse, les précipitations moyennes augmentent notamment pendant la période de recharge des nappes phréatiques, entre septembre et mars. Du côté des sols, un assèchement est plus marqué dans le Massif Central et le Grand Est. 

Ces normales climatiques sont utilisées dans différents secteurs comme l’agriculture ou l’énergie, qui doivent anticiper des aléas météorologiques mais aussi des évolutions du climat sur du long terme. “L’explication qu’on a tous envie d’avoir en tête, c’est bien sûr l’évolution du climat dans ce contexte de changement climatique, qui est quand même assez important. La difficulté qu’on a, c’est que tous ces effets sont combinés et, malheureusement, difficilement dissociables”, nuance Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. Quoi qu’il en soit, les vagues de chaleur sont appelées à se multiplier avec le changement climatique, et cette actualisation permet de se rapprocher de la nouvelle réalité du climat. Elle est même probablement déjà en retard, puisqu’elle correspond en moyenne au climat de 2005. 

La rédaction, avec AFP

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