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Récifs coralliens : une barrière naturelle qui fait économiser des milliards de dollars

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Publié le 01 mai 2021

ENVIRONNEMENT

En brisant l’effet des vagues, les récifs coralliens permettent de réduire l’impact les cyclones et ouragans de plus en plus nombreux qui frappent les côtes américaines. Des chercheurs californiens ont modélisé le rôle de ces coraux et l’ont croisé avec des modèles économiques. Selon eux, les récifs américains permettent d’économiser près de deux milliards de dollars par an.

Les services économiques rendus par la nature à l’économie sont peu et difficiles à quantifier. Une étude de l’Université de Californie Santa Cruz et de l’Institut d’études géologiques des États-Unis s’est cependant intéressée à un phénomène particulier, celui du rôle joué par les récifs coralliens dans la protection des côtes américaines. Les auteurs de l’étude évaluent le bénéfice de la protection côtière aux États-Unis par les quelque 325 km de récifs coraliens à plus de 1,8 milliard de dollars par an.

Si ces récifs américains perdaient seulement un mètre de hauteur, les dégâts potentiels seraient très élevés pour les habitants et les commerces proches du littoral, particulièrement en Floride et à Hawaï. Cela engendrerait une augmentation de 23 % de la zone inondable centennale et de 62 % des populations potentiellement à risque. Cette perte d’un mètre de corail se traduirait par un surcoût des catastrophes naturelles de l’ordre de 5,3 milliards de dollars.

Modéliser les vagues

Les coraux permettent en effet de casser les vagues et d’éviter que l’eau ne remonte trop haut sur les rivages. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont modélisé l’impact des événements climatiques côtiers, tels que les ouragans et les vagues, avec la barrière de corail et sans. Ils les ont combinés avec des modélisations économiques et sociales pour évaluer les coûts économisés grâce aux coraux lors de catastrophes naturelles.

Ce travail quantifie le rôle critique des récifs dans l’atténuation des inondations et fournit la preuve nécessaire qu’il faut investir dans la gestion des risques, la reprise après une catastrophe et les fonds d’assurance dans ces défenses naturelles“, estime Michael Beck, co-auteur de l’étude et dirigeant de la chaire Axa sur la résilience côtière à l’université de Californie Santa Cruz.

La multiplication du nombre d’événements climatiques affectant les côtes américaines pèse de plus en plus lourd dans les comptes du pays. Selon le réassureur Munich Re, l’année 2020 a connu un nombre record de tempêtes, d’ouragans et de cyclones, qui ont causé pour 43 milliards de dollars de dégâts. Dans une tribune dans le Los Angeles Times, Michael Beck s’étonne : “nous dépensons des centaines de milliards de dollars tous les ans sur la gestion des catastrophes et la reprise après sinistre, et moins de 3 % de cela sur les défenses naturelles qui pourraient réduire les dégâts causés par ces catastrophes“.

Avec cette étude, les chercheurs espèrent pouvoir inciter à financer davantage la protection et la restauration des écosystèmes naturels côtiers. “Valoriser le service de réduction d’innovation des écosystèmes existants est un pas en avant vers leur gestion en tant qu’infrastructure naturelle“, déclare Borja Reguero, chercheur associé à l’Université de Californie Santa Cruz.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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