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Reprise : les DRH sont sur tous les fronts.

La relance est bien là. Mais elle s’accompagne, pour les DRH, de sujets complexes. À commencer par la recherche de nouvelles compétences sur un marché de l’emploi très tendu. Selon une enquête* de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) publiée le 19 octobre, 47 % des DRH interrogés prévoient d’augmenter leur effectif ces prochains mois (7 % seulement envisagent une baisse et 38 % anticipent une stabilité). Mais 80 % des répondants disent être concernés par une pénurie de main-d’œuvre, notamment dans les secteurs de la santé, du numérique, de l’agroalimentaire et de l’industrie.

La reprise en main du télétravail par l’employeur n’est pas simple non plus. Dans la moitié des cas, l’entreprise est couverte par un accord. Cependant, 15 % des décideurs RH de ces organisations indiquent rencontrer certaines difficultés de mise œuvre. En cause : l’éligibilité des postes, le nombre de jours télétravaillables ou encore l’indemnisation financière. Certains salariés refusent de revenir au bureau, estimant qu’ils peuvent fort bien travailler à distance 100 % du temps.

Nouvelle organisation du travail.

Un point de vigilance pour l’ANDRH qui estime que « cela pourrait ouvrir la porte à la délocalisation des emplois dans le cadre de la mondialisation des compétences. Nous souhaiterions un Code du travail plus adapté aux nouvelles notions de responsabilité de l’employeur par rapport au lieu d’exercice du télétravail », commente Laurence Breton Kueny, vice-présidente de l’association.

Selon cette enquête, la crise a, de fait, amené de nombreuses entreprises à installer durablement une nouvelle organisation du travail. L’augmentation du télétravail (pour 60 % des répondants) et la création ou la mise à jour d’un accord dédié (49 %) ont notamment eu pour corollaires une évolution de la culture managériale (43 %) et un réaménagement des locaux (23 %).

Enfin, la reprise a relancé la question du partage de la valeur dans un contexte où le pouvoir d’achat des salariés est au centre de toutes les attentions (augmentation du Smic, hausse du prix de l’énergie et de l’inflation). C’est donc un autre chantier d’envergure qui s’ouvre pour les décideurs RH alors que débute la saison des NAO (négociations annuelles obligatoires).

Il n’y a pas que les augmentations de salaires.

À 46 %, ces derniers envisagent de faire évoluer leur politique de rémunération individuelle et collective dans les prochains mois (contre 39 % lors de la précédente enquête de l’ANDRH). Parmi les pistes envisagées : la mise en place de primes sur objectifs ou de critères de performance, le déploiement d’accord d’intéressement, l’augmentation des salaires des métiers pénuriques et l’augmentation des bas salaires.

Tandis que la pression du gouvernement et des partenaires sociaux s’accentue, Benoît Serre, vice-président délégué de l’ANDRH, alerte sur le fait que toutes les entreprises n’ont pas encore forcément de trésorerie suffisante. Et rappelle que l’augmentation du pouvoir d’achat peut emprunter d’autres voies que celle de l’augmentation des salaires : participation, intéressement, voire actionnariat salarié. Il appelle également à une démarche coordonnée avec les pouvoirs publics, qui peuvent, eux, agir par exemple sur le forfait social (contribution employeur concernant notamment l’intéressement, la participation et l’épargne salariale) ou proposer certains aménagements fiscaux.

*Enquête menée du 22 septembre au 13 octobre 2021 auprès des adhérents de l’ANDRH, 359 répondants (ne faisant pas partie des secteurs particulièrement touchés par la crise, comme la restauration), dont 53 % issus d’entreprises de moins de 300 salariés.

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