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Robert Habeck, le super ministre de l’Écologie allemand

Sa barbe de trois jours et son style décontracté lui ont valu le surnom de “panda de la politique” allemande. Le co-président des Verts Robert Habeck est aussi l’une des personnalités politiques préférées des Allemands. Saura-t-il accélérer la transition écologique du pays ?

Ce philosophe de 52 ans vient en tous cas de décrocher un poste clé dans la nouvelle coalition au pouvoir. Ce mercredi 8 décembre, le social-démocrate (SPD) Olaf Scholz a été élu chancelier par les députés et prend la tête d’un gouvernement réunissant le SPD, les Verts et les libéraux (FDP), avec pour slogan-programme : “Oser plus de progrès”.

En son sein, Robert Habeck, devient le tout premier ministre écologiste de l’Économie, de l’Énergie et, désormais, de la Protection du climat. Le voilà donc à la tête d’un super-ministère qui couvrira à la fois la politique économique, les PME ou les énergies renouvelables.

Ce super-ministère de près de 2 000 personnes compte aussi un budget supérieur à 10 milliards d’euros. Conséquent. Ses missions le sont tout autant.

Objectif, 80 % d’électricité renouvelable

La coalition s’engage en effet à respecter l’accord de Paris de façon à limiter ses émissions de gaz à effet de serre et ne pas accroître la température moyenne sur Terre de plus de 1,5 degré. Toute loi devra donc faire l’objet d’un contrôle de compatibilité avec les objectifs climatiques pour être adoptée.

À la demande des Verts, les trois partis se sont aussi accordés pour “accélérer” la sortie du charbon et l’avancer à 2030 “dans l’idéal”, au lieu de 2038.

Pour l’Allemagne, qui fermera ses dernières centrales nucléaires fin 2022, cette sortie du charbon induit donc une accélération des énergies renouvelables. L’objectif : qu’elles fournissent 80 % de la production d’électricité à la fin de la décennie (contre 44 % en 2020). Ainsi que la construction de “centrales à gaz modernes”.

Les trois partis se sont aussi fixé comme objectif 15 millions de voitures électriques sur les routes du pays d’ici 2030, contre environ un peu plus de 500 000 actuellement.

Pour l’aider dans ses missions, Robert Habeck pourra compter sur l’aide de sa collègue de parti, Steffi Lemke, nommée ministre de l’Environnement. L’ex-candidate des Verts à la chancellerie, Annalena Baerbock, sera elle la première femme à diriger la diplomatie allemande.

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Robert Habeck au défi du compromis avec la rigueur budgétaire

Mais Robert Habeck comptera aussi des obstacles sur son chemin. L’accord de coalition prévoit aussi de “maintenir la rigueur budgétaire” chère aux libéraux. Le gouvernement conservera donc le “frein constitutionnel à l’endettement”, qui limite à 0,35 % du PIB par an la possibilité de déficit public de l’Allemagne, hors circonstances exceptionnelles. Autant dire que les Verts devront batailler pour trouver des fonds.

D’autant que le chef du FDP, Christian Lindner, hérite du portefeuille des Finances. Un fervent défenseur de l’orthodoxie budgétaire. Les libéraux récupèrent aussi les ministères de la Justice, des Transports et celui de l’Éducation et de la Recherche.

Mais Robert Habeck a une certaine expérience du compromis. Ce pragmatique “réalo”, plus centriste que l’aile “radicale” des Grünen, a été deux fois ministre de l’Environnement et de l’Agriculture du Schleswig-Holstein. Là encore au sein de gouvernements de coalition.

Son sens de la communication, et la concertation menée avec la population locale, lui a notamment permis de convaincre les pêcheurs et les défenseurs de l’environnement de construire des parcs éoliens offshore. Et ainsi de doubler la capacité d’énergie renouvelable de la région.

Un défi désormais à relever pour l’ensemble du pays.

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