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Route du rhum. L’explosion d’une batterie lithium-ion cause la perte d’un Imoca

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Alors que le navigateur Fabrice Amedeo s’était dérouté vers la station balnéaire de Cascais (Portugal), victime d’une avarie en pleine course lors de la Route du Rhum, une explosion du parc de batteries suivie d’un incendie l’a contraint à abandonner en urgence son monocoque. Embarqué sur son radeau de survie avec un moyen de communication de secours, le skipper a été récupéré par un cargo qui croisait à proximité.

Si le marin est sain et sauf, son Imoca (International Monohull Open Class Association) de 60 pieds (une vingtaine de mètre de long) et d’une valeur qu’il estimait à un peu plus de 2 millions d’euros en juin 2022, a sombré dans l’Atlantique.

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A l’origine, une voie d’eau

Alors qu’il était en 16e position de sa classe sur la Route du Rhum, en pleine course sur une mer très formée, le navigateur a raconté à la presse qu’il a subi une avarie sur un ballast, provoquant une voie d’eau dans la zone de vie. Malgré les efforts du skipper pour évacuer l’eau, l’inondation du parc de batteries lithium-ion entraîne une panne totale d’électricité à bord. De la fumée blanche commence à s’échapper du parc, avant de se dissiper.

Quittant la compétition pour poursuivre sa route prudemment vers la côte portugaise, une deuxième émanation de fumée se produit le lendemain, jaune cette fois-ci, suivie d’une explosion. Le navigateur utilise un extincteur (le règlement Imoca impose à bord au moins 2 extincteurs de 2 kg pour feux de classe A,B et C) pour tenter de juguler l’incident. Le matériau composite du cockpit se gondole, attestant d’un flux thermique conséquent.

Pour un marin, l’incendie est souvent considéré comme pire qu’une voie d’eau. D’autant plus lorsqu’il navigue sur un voilier en fibres composites. Le navigateur comprend qu’il doit évacuer sur son radeau de sauvetage, des flammes ne tardent pas à sortir de la cabine. Le monocoque coulera sous ses yeux en 30 minutes.

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Un scénario inédit

C’est à notre connaissance la première fois que la perte d’un bateau de course se produit en mer, en plein exercice de navigation et loin des côtes, à cause d’une explosion et d’un incendie de batteries lithium-ion. Le cas s’est toutefois déjà produit à quai, en 2019 lors des préparatifs de la Transat Jacques Vabre, mais sans trop de dommages pour le navire. Une autre occurrence, sur des bateaux de plaisance cette fois-ci, est aussi à signaler : en 2020, trois voiliers de 8 mètres sont ravagés par le feu dans le port du Lavandou. L’expertise conclura à la défaillance des batteries au lithium, rapporte le site de France Bleu.

Quel scénario s’est produit dans le cockpit du monocoque Nexans Arts & Fenêtres ? En l’absence de détails sur le type de batterie et de cellules, sa capacité énergétique et de ses équipements de protection, difficile de se prononcer. Mais le phénomène décrit par le navigateur ressemble fort à un emballement thermique. La cause pourrait être un court-circuit provoqué par l’immersion du parc de batteries lithium-ion.

Certains commentateurs ont rapproché le phénomène observé dans le cockpit du monocoque des cas d’incendies répertoriés sur des véhicules électriques en Floride à la suite de l’ouragan Ian en novembre dernier. Immergés un long moment dans l’eau salée, plusieurs batteries lithium équipant ces véhicules se seraient enflammées spontanément par la suite.

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Innovations technologiques

Depuis une dizaine d’années, la classe des vaisseaux de course représentée par les Imoca est en pleine évolution technologique. C’est le cas pour les matériaux de construction des monocoques, qui doivent se faire de plus en plus aux matériaux biosourcés afin de limiter leur empreinte carbone.

Et c’est aussi le cas pour l’utilisation de l’énergie. On assiste à deux tendances :

  •  des bateaux de plus en plus énergivores, à cause des équipements embarqués : centrale de navigation, radars, quille basculante, dessalinisateur, wifi et autres systèmes de communication, etc.
  •  des bateaux de plus en plus autonomes en énergie : 90 % des Imoca sont équipés d’hydrogénérateurs, des hélices immergées produisant de l’électricité en fonction de la vitesse du bateau. Certains sont aussi dotés de panneaux solaires, voire d’éoliennes. Si un moteur thermique fonctionnant au gazole est conservé pour des raisons de sécurité, le volume de gazole embarqué a ainsi fondu drastiquement, passant de 200 litres à 60 litres. D’où un gain de poids conséquent, élément fondamental pour ces Formule 1 des mers.

Cette double évolution a entraîné l’adoption générale de batteries lithium-ion, alliant notamment stockage de forte capacité pour un volume et un poids réduits.

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Quelles suites envisagées ?

Cette année l’assureur Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) a tiré la sonnette d’alarme sur le risque incendie dans le transport maritime lié aux batteries lithium-ion, notamment en présence de cargaison de véhicules électriques.

A la suite du naufrage de l’Imoca de Fabrice Amedeo, la réaction du navigateur Jean Le Cam, sur le site de Voile et Voiliers, est intéressante : « on sait pertinemment que les batteries au lithium qui équipent les bateaux sont dangereuses. Envahies par l’eau, leur température peut monter à 700 / 800 degrés ! (…) À cette température, on comprend que ça transperce la coque et fasse couler un bateau. Il faut travailler à mieux les isoler mais aussi à installer un système qui permette de les sortir du bateau et de les évacuer en cas d’incendie. »

La réflexion est engagée.

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