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RSE : Ardian cultive sa performance à grands renforts d’ISR


Les années se suivent et se ressemblent pour l’entreprise française qui chasse désormais sur les terres des géants américains du private equity. Son chiffre d’affaires et ses performances  le prouvent : 487 millions d’euros au niveau groupe en 2018, pour 607 millions en 2020. L’équipe dirigeante, dans ses bureaux de la place Vendôme à Paris, peut avoir le sourire. Car derrière ces chiffres se cache une stratégie ancrée dans l’activité de l’entreprise depuis sa création en 1996 : les investissements durables et l’influence de sa propre politique RSE sur son écosystème. Une stratégie qui lui a permis de décrocher en 2017 la notation A+  décernée par l’organisation internationale UNPRI (Principes pour l’investissement responsable de l’ONU). Un classement saluant alors, en particulier, sa participation, aux côtés de quatre autres références du capital-investissement, dans l’Initiative Carbone 2020  destinée à pousser les Etats membres de l’UE à réduire radicalement leurs émissions de gaz à effet de serre.
 
Transformer de l’intérieur
 
L’objectif commun des quelques 850 collaborateurs d’Ardian, aux quatre coins du monde, est d’accompagner les chefs d’entreprise dans leur transformation et dans l’établissement de politiques pérennes en termes de responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Chaque entreprise, chaque situation est étudiée. « Au-delà des bénéfices en termes de sensibilisation et d’encouragement, ces études présentent l’intérêt pour les équipes d’investissement de faire émerger les meilleures pratiques instaurées par les gérants et les dirigeants, et d’en faire bénéficier l’ensemble du portefeuille », explique Candice Brenet, en charge des sujets d’investissement durable chez Ardian. Les critères ESG  (environnementaux, sociaux et de gouvernance) sont ainsi devenus l’alpha et l’oméga du développement des entreprises, et « font l’objet d’un suivi de plus en plus poussé tout au long de la durée de partenariat avec les entreprises que nous accompagnons ».
 
« Nous communiquons non seulement sur la manière dont les critères ESG sont pris en compte à chaque étape de nos activités d’investissement, mais aussi sur les principales problématiques environnementales et sociales identifiées dans chaque société du portefeuille, et sur les mesures que les participations prennent pour y répondre, poursuit Candice Brenet. Un degré de détail encore rare dans l’industrie du private equity. » Force est de constater que cet angle d’approche séduit de nombreuses entreprises. En 2016 par exemple, Ardian investit dans Solina, une entreprise agroalimentaire, un secteur en demande de bonnes performances RSE. « J’ai vraiment voulu éviter le ‘green washing’ comme on dit pour, au contraire, me concentrer sur ce qui pouvait marquer notre différence, se souvient Anthony Francheterre, PDG de Solina. Aussi, avec l’aide d’Ardian, nous avons identifié des experts du développement durable, mené des audits, rencontré des clients et des fournisseurs clés, et nous avons organisé la première enquête auprès du personnel. »
 
Autre secteur, autre exemple, car le secteur du digital est lui aussi à la recherche d’investissements responsables. En 2021, Ardian choisit d’épauler le développement d’une entreprise indépendante française en cyber-sécurité, i-Tracing, qui souhaitait mettre en valeur ses efforts en termes de durabilité  : « Après 15 ans en tant que société indépendante, nous avons l’intention d’accélérer notre croissance tant en France qu’à l’international, expliquent alors Théodore-Michel Vrangos et Laurent Charvériat, les deux associés fondateurs d’i-Tracing. Ardian a été extrêmement réactif et créatif, mettant en place un financement parfaitement adapté à la manière dont nous entendons progresser. Nous sommes convaincus qu’Ardian se révélera être un partenaire précieux sur le long terme. »
 
Investissements responsables
 
Cette vision des investissements durables ne date pas d’hier chez Ardian, qui a commencé dès 2009 à imposer les impératifs ESG  aux entreprises figurant dans son portefeuille. « La responsabilité sociétale des entreprises et l’ESG sont primordiaux pour Ardian, aussi bien en interne, vis-à-vis des collaborateurs, qu’en externe, dans le cadre de nos investissements, détaille Candice Brenet. En tant que financier, cet impératif de responsabilité et de “soutenabilité” met la dimension d’intérêt général au cœur de notre pratique d’investisseur, au-delà de l’ambition purement économique. Certains dossiers ne se font qu’à la condition sine qua non d’une stratégie ESG. Dernièrement, nous avons été en négociations avec une société dans l’emballage plastique et le plastique recyclé. Lorsque l’équipe d’investissement nous a appelés, nous étions sceptiques. C’est en se concertant sur le sujet, et après une analyse approfondie de l’entreprise, que nous nous sommes mis d’accord sur cette prise de participation dès lors que le management, l’équipe d’investissement et notre département étaient alignés sur l’importance du plan de transformation à délivrer. A contrario, nous n’avons pas donné suite à des opportunités d’investissement dont les perspectives de développement ne correspondaient pas à notre ADN Sustainability. »
 
Rien n’est gagné d’avance ; un fonds comme Ardian doit convaincre les entreprises dans lesquelles il investit de s’aligner sur sa philosophie et donc de calquer leurs activités sur un modèle orienté « développement durable ». Selon Philippe Poletti, président du directoire d’Ardian France et cosignataire d’une tribune consacrée à la résilience du capital-investissement, « le plus grand défi dans les dix prochaines années sera peut-être à prendre l’ESG en compte : les investisseurs seront de plus en plus enclins à observer ces aspects des propositions. Ils chercheront à donner de plus en plus de sens sociétal à leurs investissements. Une entreprise qui n’aura pas complètement intégré la RSE dans son métier et dans sa stratégie sera en bien moins bonne position qu’un concurrent ».
 
Paris sur le futur
 
Ces dernières années, Ardian a multiplié les coups d’éclat dans le monde du capital-investissement. En 2019, l’entreprise a levé 6 milliards d’euros  pour un fonds d’infrastructures européen. Un montant inédit jusque-là pour un acteur français du private equity, du moins jusqu’à 2021, année où Ardian lève 7,5 milliards d’euros  pour des acquisitions LBO en Europe et aux Etats-Unis. Un an plus tôt, Ardian levaient déjà le plus gros fonds secondaire de l’histoire, 18 milliards de dollars répartis entre le fonds Ardian Secondary Fund 8 (12 milliards de dollars), et une structure de co-investissement (6 milliards). Preuve que les marchés financiers ont confiance dans la stratégie de l’investisseur français. Et 2022 s’annonce aussi prometteur, grâce à une première opération conclue en Italie avec le rachat du groupe Biofarma pour 1,1 milliard d’euros. Les investissements récents se portent clairement sur le monde de demain, de la santé à l’énergie, comme le prouve également la participation d’Ardian au lancement, en octobre 2021, de la plus grande plateforme mondiale dédiée à l’investissement dans l’hydrogène  baptisé Hy24.
 
Cette double facette – entre entreprise fer de lance de l’investissement durable et entreprise performante – explique l’attrait qu’exerce Ardian sur la nouvelle génération. Selon un classement établi par AlumnEye  sur l’attractivité des fonds d’investissement sur les recrues des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, le fonds américain Blackstone, nº1 mondial, arrive en tête… suivi d’Ardian, devant de très nombreux poids lourds du secteur. Cette double facette permet également à Ardian de cocher toutes les cases de la déclaration de performance extra-financière  que les grandes entreprises sont légalement tenues de publier depuis 2017 : la description de leur business model, les principaux risques sociaux et environnementaux rencontrés, la présentation de leurs politiques mises en œuvre et leurs résultats.
 
L’année 2021 aura été une année faste pour le private equity, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Avec une prédominance encore plus marquée des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les investissements des fonds : « La prise en compte des enjeux ESG est vraiment entrée dans les pratiques de marché », souligne Sylvain Lamber, codirecteur de la durabilité au cabinet d’expertise PwC, en particulier au Royaume-Uni et en France. « Dans ces deux pays, ajoute Sylvain Lamber, les bailleurs de fonds, ceux qui fournissent l’argent au private equity, sont des grands acteurs – banques, assurances, fonds de pension – qui ont leurs propres valeurs et ont amené la responsabilité sociétale des entreprises dans les choix d’investissements. » Les chefs d’entreprise le savent : la valeur de leur société se calculera désormais à l’aune de l’intégration des critères ESG.

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