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RSE en Afrique : entre idées reçues et réalité du terrain


RSE en Afrique : entre idées reçues et réalité du terrain

La RSE, un concept peu connu en Afrique et rarement formalisé par les entreprises. Que pensez-vous de cette déclaration de Philippe Barry* ?

En Afrique, certains pays tardent à affirmer leurs RSE de façon explicite. Nous pouvons dire que la RSE sur le continent connait un développement lent certes, mais progressif, à travers plusieurs initiatives. Déjà en 2018, tous les états membres de l’OHADA se sont vus assigner l’obligation d’information sur la RSE.

Au Gabon par exemple, il est intéressant de constater que le législateur, en 2014, est intervenu pour donner un cadre légal et règlementaire à la RSE à travers les lois n° 017/2014 et n° 011/2014. Aujourd’hui les activités se déroulant en territoire gabonais, sont tenues de se soumettre aux dispositions contenues dans le code de l’environnement, le Code du travail, le code minier, le code forestier (Loi n° 16/2001 du 31 décembre 2001, en ses articles 70-71-72) et le code des impôts. Les entreprises gabonaises sont de plus en plus encouragées dans leur responsabilité sociale, environnementale et économique par des dispositifs nationaux et internationaux.

Peut-on parler d’un modèle africain de la RSE ?

Je pense qu’il n’existe pas encore réellement un modèle de RSE africain ; il y a plutôt comme une construction de la RSE à l’africaine, à partir des outils internationaux. Tout simplement parce sa la mise en œuvre en Afrique est essentiellement du ressort des filiales des multinationales ou de grandes entreprises qui font de l’import-export vers les marchés européens ou américains. Cela se traduit malheureusement par des interprétations et des adaptations entraînant parfois des conflits entre l’entreprise et les parties prenantes.

Dans le monde universitaire par contre, on constate l’émergence du concept RSE, avec des chercheurs qui essaient de mettre en évidence les problématiques spécifiques de la RSE dans le contexte africain.
 
D’aucuns pensent qu’en Afrique, la RSE revêt plutôt un aspect philanthropique

Effectivement, certains estiment que RSE en Afrique repose beaucoup plus sur des actions philanthropiques dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’emploi, des infrastructures ou de l’environnement. Au Gabon, la grande majorité des entreprises adoptent des pratiques RSE pouvant être interprétées comme du greenwashing. On le constate à travers leurs rapports annuels, ou il n’existe aucune information sur leurs performances environnementales encore moins sur d’autres indicateurs RSE.

La RSE au Gabon est beaucoup plus assimilée aux journées portes ouvertes, à la sensibilisation, aux dons dans des orphelinats avec au parfum une grande communication. Car, les dépenses consenties concernent davantage la publicité que de réelles actions en faveur de l’environnement et du développement durable. Les entreprises doivent pourtant mettre en œuvre des mécanismes qui permettent aujourd’hui de mesurer leur impact de la RSE.

Une poignée d’entreprise par contre, surtout les multinationales, ne se contente plus d’être de bons philanthropes, mais adopte un comportement éthique et responsable afin de mieux bâtir des politiques sociales et environnementales, qui sont souvent accompagnées par des partenaires extérieurs (ONG, Communautés, etc.).
 
Y’a-t-il un profil d’entreprises qui essaient d’intégrer la RSE dans leurs stratégies de développement ?
 
Il y a peut-être pas de profil type, mais il faut qu’on sache au départ que la RSE est d’abord une volonté personnelle des dirigeants de l’entreprise qui pour des raisons stratégiques ou pas peuvent décider d’intégrer la RSE dans sa stratégie de développement.

On peut aussi remarquer que les grandes entreprises sont plus susceptibles à se conformer aux exigences du concept RSE que les petites entreprises. Ces sociétés qui ont pignon sur roue ont alors tendance à accorder plus d’attention aux stratégies environnementales, de communication et de gestion des risques. Nous avons aussi un autre type d’entreprise qui sont très exposées soit politiquement ou qui évoluent dans un secteur dit « sensible » susceptible d’avoir des répercussions fortes sur l’environnement naturel et subissent aux pressions de diverses parties prenantes.
 
Germain Djeuking, depuis Libreville

* Militant pour une meilleure vulgarisation de la RSE en Afrique de l’Ouest, il a lancé en 2008 au Sénégal l’Initiative RSE Sénégal qui est soutenue par un réseau d’Entreprises privées et de Partenaires publics, le Réseau RSE Sénégal.

 

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