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Rupture(s) : le documentaire qui retrace une jeunesse en crise face à l’urgence écologique

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Publié le 06 novembre 2021

Ils ont fait polytechnique ou Science Po et leur avenir était tout tracé. Mais face à l’urgence écologique, ils ont décidé d’emprunter une voie alternative en accord avec leurs aspirations. Le jeune réalisateur de 24 ans Arthur Gosset a suivi le parcours de six jeunes durant leur remise en question. Il en a tiré un documentaire, “Rupture(s)”, disponible sur la plateforme Spicee depuis septembre. 

Exit la ligne de CV avantageuse, la voiture de fonction et le gros salaire. Face à l’urgence écologique, de plus en plus d’étudiants peinent à donner du sens à leur parcours et à la “voie royale” présentée en grande pompe par leur école et par la société. Arthur Gosset est l’un d’entre eux. Formé au métier d’ingénieur à Centrale Nantes, il a suivi pendant un an le parcours de six jeunes issus d’établissements prestigieux qui ont fait le choix de renoncer au confort pour s’engager dans des voies alternatives conciliables avec la situation de crise. Quitte à se confronter aux difficultés financières et au déclassement social. Il en a tiré un documentaire : “Rupture(s)” , disponible sur la plateforme Spicee depuis septembre.

À travers leurs témoignages, les jeunes racontent d’abord l’histoire de leur rupture avec un système capitaliste et consumériste dans lequel ils peinent à trouver leurs repères. Une prise de conscience qui a par exemple poussé un étudiant de Science Po à s’engager dans un mouvement de désobéissance civile. En découle une rupture avec la vie professionnelle, comme la démission de cette jeune diplômée embauchée chez un leader étatsunien de la grande distribution. Impossible pour elle de contribuer davantage à un système qu’elle dénonce. Mais le documentaire retrace aussi les ruptures personnelles et l’incompréhension des proches qui peinent parfois à saisir l’urgence ressentie.

Un mouvement global

Le documentaire compile des récits symptomatiques d’une génération en quête de sens. En témoigne le succès du discours du jeune ingénieur Clément Choisne, visionné près d’un million de fois sur les réseaux sociaux en l’espace de quelques jours. “Comme bon nombre de mes camarades, alors que la situation climatique et les inégalités de notre société ne cessent de s’aggraver, […] [je suis] incapable de me reconnaître dans la promesse d’une vie de cadre supérieur, en rouage essentiel d’un système capitaliste de surconsommation” déplorait-il lors de sa remise de diplôme.

Et la jeunesse entend s’engager pour opérer les bouleversements nécessaires dans les grandes écoles et les entreprises. En 2018, le Manifeste Étudiant pour un Réveil Écologique recueillait près de 30 000 signatures de jeunes issus de plus de 400 établissements supérieurs en France. Ils affirmaient alors être prêts à boycotter les entreprises qui ne s’engageraient pas pour préserver la planète. Quitte à revoir leur salaire à la baisse. ” Nous, futurs travailleurs, sommes prêts à questionner notre zone de confort pour que la société change profondément ” assurent-ils dans un texte commun. Le succès du Manifeste a été tel qu’il a permis d’ouvrir un dialogue entre les étudiants et les décideurs économiques et politiques. 

 Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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