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Sécateur au poing pour sauver les fruitiers anciens

« C’est la démultiplication des savoirs, s’enthousiasme Francis Michaux, également engagé dans le réseau Semences paysannes. On forme entre 10 et 20 personnes à la greffe. Ensuite, on s’échange des greffons, on commande des porte-greffes… Ceux qui ont appris apprennent à d’autres et c’est tout un village qui sait greffer. En plus, on est autonomes. Ils auront beau nous pondre toutes les lois restrictives du monde, ils ne pourront jamais nous empêcher de greffer. » En dix ans, l’association Rénova a replanté 10 000 arbres sur le territoire et en a rénové autant. Elle vend aussi 2 000 porte-greffes chaque année.

Sur les hauteurs de Sainte-Croix-Volvestre, Francis Michaux fait un tour dans la châtaigneraie d’une personne âgée qui a bien voulu que Rénova s’occupe de ses arbres. Chez lui, entre 50 et 60 châtaigniers ont déjà été regreffés. « Quand on propose aux gens de rénover gratuitement leurs châtaigniers, de les greffer, de les entretenir et de les transformer, on nous répond : « ah ben oui, pourquoi pas ». »

« Le Facebook de l’Ariège »

Chez Pierre, Laurine ou Albert… La fédération Rénova dispose d’une quinzaine de vergers conservatoires, souvent installés chez de vieux néo-ruraux qui ont fait leur retour à la terre après mai 68, des « hippies » comme les gens du cru les ont appelés pendant longtemps. « En gardant des variétés locales anciennes, on veut aussi garder les techniques paysannes du coin. »

Dans ses ateliers, installés à Daumazan-sur-Arize, Rénova transforme les châtaignes en crème, en farine ou en conserves de marrons au naturel. Depuis une vingtaine d’années, elle a mis sur pied une Société d’intérêt collectif agricole (Sica) qui permet aux paysans et aux particuliers de venir transformer directement leurs fruits. « On a un pressoir pour le jus de pommes, un labo pour faire des confitures, une éplucheuse pour les châtaignes… Des fruits, il y en a partout et ça se perd. Alors si on propose aux gens de les valoriser, ils se disent qu’ils vont en replanter. »

Entre 15 et 20 personnes interviennent régulièrement à Rénova. « Ici, c’est un réseau social, sourit Valentin, un jeune stagiaire qui vient donner des coups de main. Des gens qui ne se connaissent pas se rencontrent au pressoir. C’est le Facebook de l’Ariège ! »

Garder « la mémoire des châtaignes »

En bord de route, Francis Michaux aperçoit deux arbres écroulés près d’un talus. « Ça fera un hôtel-restaurant pour les insectes. » Mais aussi plusieurs arbres secs, « en train de crever ». Pendant longtemps, les maladies ont décimé les châtaigniers, par manque d’entretien, comme l’encre, un champignon qui attaque les racines. « Aujourd’hui, il n’y a plus que des variétés hybrides dans les châtaigneraies intensives. Le problème est qu’elles sont moins résistantes aux maladies et aux intempéries, donc les producteurs sont obligés d’arroser de pesticides… »

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