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Selon les experts assureurs, le risque climatique redevient plus important que le risque sanitaire

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Publié le 04 octobre 2021

ENVIRONNEMENT

Chaque année, AXA publie une vaste étude sur l’évaluation des risques par des professionnels du secteur de l’assurance. Alors que le Covid-19 a mis le monde à l’arrêt en 2020, ce n’est pas l’apparition de nouvelles épidémies qui inquiète en premier lieu les gestionnaires de risques, mais le changement climatique qui remonte en première place du podium.

Pour la huitième année, le premier assureur mondial AXA publie son Future Risks Report (Rapport sur les risques futurs). Cette vaste étude, réalisée avec IPSOS, réunit 3 500 experts issus de 60 pays et 20 000 citoyens non spécialistes. L’objectif est de définir quels sont les risques qui pèsent le plus lourd dans les enjeux du secteur de l’assurance parmi une liste de 10 propositions. En 2020, c’est évidemment le risque épidémique et infectieux qui était arrivé en haut du podium. Mais en 2021, la donne change. Alors que pour le grand public le Covid-19 reste une priorité, c’est le changement climatique qui reprend la première place pour les experts.

La préoccupation des assureurs pour le réchauffement n’est pas une surprise. L’année 2021 va peser lourd sur leurs comptes. Entre les inondations en Europe et en Asie, les dômes de chaleurs et les tempêtes en Amérique du Nord, les destructions de productions agricoles en France, le remboursement des dégâts va coûter une fortune. Selon le réassureur Swiss Re, les dégâts dus aux catastrophes naturelles du premier semestre étaient estimés à 40 milliards de dollars. Mais le second semestre, en particulier les mois de juillet et août seront bien plus coûteux. Rien qu’en Allemagne les intempéries meurtrières de l’été se chiffrent à 26 milliards d’euros.  

Thomas Buberl, PDG d’Axa, se réjouit que les experts remettent le climat à la première place : “Le changement climatique est de retour en tête de l’ordre du jour. C’est une bonne nouvelle car, depuis l’année dernière, nous craignions que l’explosion des risques sanitaires puisse occulter l’urgence climatique“. À la seconde place, on trouve les enjeux de cybersécurité. Un risque très largement sous-estimé par les entreprises et les autorités publiques.

Des variations géographiques

Pourtant depuis deux ans, on a vu de nombreuses fuites de données en particulier dans le domaine de la santé, ainsi que la paralysie de plusieurs entreprises obligées de verser des rançons pour relancer leur activité. “Avec l’utilisation massive des solutions numériques pendant les confinements, nous avons assisté à une explosion du nombre de cyberattaques, parfois avec de graves conséquences pour les entreprises et les administrations“, constate Thomas Buberl. Le risque sanitaire lui n’arrive finalement qu’en troisième place, relativisé par l’efficacité de l’industrie pharmaceutique pour développer des vaccins. Viennent ensuite les risques géopolitiques puis la colère sociale.

Ce classement est toutefois une moyenne mondiale. Rapporté aux différentes régions du monde, on observe des variations. C’est l’Europe qui place le plus en tête des risques le changement climatique. Aux États-Unis, c’est le risque cybersécurité qui inquiète le plus, tandis qu’en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, les risques sanitaires sont classés en tête.

Toutefois, les auteurs du rapport veulent aussi tirer de cette vaste étude trois raisons d’être optimistes. D’une part, tous les sondés considèrent que l’atténuation des risques passera par une coopération globale et que les bonnes réponses à apporter se situent au niveau continental. D’autre part, 75 % des sondés grand public et 87 % des experts jugent que les scientifiques sont fiables pour orienter les politiques publiques de réponses aux risques. Enfin, les plus jeunes sont globalement confiants sur le fait que les organisations internationales sont en mesure de surmonter les crises en cours et à venir.

Ludovic Dupin

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