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Servier, La Française des Jeux, Engie… parmi les entreprises les plus consommatrices de vols d'affaires

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Publié le 25 mai 2022

Les vols privés sont une aberration écologique. L’organisation “Transport & Environnement” a ainsi dressé un palmarès de 230 entreprises, dont 21 françaises, en fonction de leurs engagements à réduire les émissions de leurs voyages professionnels. Seul 3 % des entreprises analysées affichent des objectifs ambitieux en la matière. Le classement vise à encourager les sociétés à “s’engager publiquement à une réduction des vols d’au moins 50 % par rapport à 2019 d’ici 2025“.

Le voyage d’Omar Sy en jet privé pour aller au festival de Cannes ou celui de Jean Castex pour se rendre aux urnes ont suscité l’indignation. Ces personnalités publiques sont épinglées sur les réseaux sociaux mais les entreprises sont loin d’être exemplaires en la matière. Pour limiter l’usage de ces vols privés, l’organisation “Transport & Environnement” (T&E) a décidé de rendre ce phénomène public. Le réseau d’association qui milite en faveur d’un système de mobilité décarboné dresse en effet un classement sur les efforts (ou plutôt l’absence d’efforts) de décarbonation de leurs voyages d’affaires, de 230 grandes entreprises américaines et européennes.

Classement TE vols d affaires entreprises francaises mai 2022 @TE

Les résultats sont pour le moins surprenants. Ainsi, les entreprises Engie, Servier et La Française des Jeux affichent le plus mauvais score (D). “Elles ne font aucun effort particulier pour réduire les émissions liées aux voyages d’affaires, ni pour communiquer leurs émissions liées aux vols d’affaires“, juge l’ONG. Crédit Agricole est le seul groupe français à décrocher un A car il s’est “engagé à réduire ses émissions de 25 % à l’horizon 2025“. De leur côté, Capgemini, Axa, BNP Paribas et Dassault Systèmes obtiennent un B. Au total, sur les 21 entreprises françaises passées au crible, 16 ne remplissent pas assez de critères. 

Neuf indicateurs pris en compte

Les chiffres français sont globalement conformes à la situation mondiale puisque les géants de l’industrie (Volkswagen, Bosch, ExxonMobil) ou de la tech (Google, Facebook, Microsoft), tout comme cinquante autres sociétés sont affublées du bonnet d’âne, la note D. À l’inverse, huit sociétés, soit 3 % du panel analysé, obtiennent la meilleure note A, avec Novo Nordisk en tête du classement. Au total, plus de 80 % des sociétés analysées (193 sociétés) n’agissent pas encore suffisamment pour réduire leurs émissions, constate l’association. 

Pour obtenir ces résultats, le palmarès est établi en fonction de neuf indicateurs dont les objectifs de réduction des émissions, les émissions liées au transport aérien ou encore les rapports publiés. Ainsi, “des sociétés telles que Renault, L’Oréal et LVMH ont toutes établi des objectifs de réduction des émissions importants mais ne se sont pas engagées à réduire les émissions liées aux vols d’affaires“, déplore T&E.

Pourtant, “des engagements ambitieux sur le plan des voyages d’affaires contribueraient à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre“, indique l’organisation. Par ailleurs, “les voyages d’affaires sont l’un des principaux moteurs de la demande en aviation. Si nous les réduisons de 50 %, cela réduirait les émissions de 32,6 millions de tonnes de CO2 à l’horizon 2030 en Europe, ce qui équivaut à retirer 16 millions de voitures polluantes de la circulation“, indique le rapport.  

Des engagements publics sont attendus

C’est pourquoi T&E demande aux sociétés de s’engager à réduire les vols privés “d’au moins 50 % par rapport à 2019 d’ici 2025 au plus tard” et de choisir d’autres modes de transport. “La  feuille de route pour une aviation neutre de T&E a montré qu’une réduction des voyages d’affaires constituait la seule manière efficace de réduire à court terme les émissions liées à l’aviation, dont les effets sur le climat sont les plus importants”, précise le rapport. “Un vol en jet privé est dix fois plus polluant qu’en avion de ligne“, calcule notamment Matteo Mirolo de Transport et Environnement.

Certaines sociétés européennes ont déjà annoncé des objectifs visant à réduire les vols d’affaires de 50 %. Les autres sociétés ont le champ libre pour intensifier elles aussi leurs efforts, réduire les vols et obtenir plus de résultats”, martèle Denise Auclair, responsable de campagne chez T&E. L’ONG encourage également les sociétés à communiquer sur l’évolution de leurs efforts de réduction des émissions. “La pandémie a prouvé que les sociétés peuvent être tout aussi efficaces en empruntant moins l’avion et en réduisant en même temps leurs émissions“, suggère Denise Auclair.

Mathilde Golla @Mathgolla

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