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Souffrant de pénuries importantes, l'Europe veut (re)trouver sa souveraineté sur les semi-conducteurs

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Publié le 27 août 2021

Dans le domaine des puces et des semi-conducteurs, comme dans de nombreux autres domaines, l’Europe a abandonné de larges parts de production industrielle à la faveur d’usines géantes en Asie, notamment à Taïwan et en Corée du Sud. Mais la crise du Covid-19 a fragilisé ces usines qui ne parviennent plus à répondre à la demande croissante, en particulier dans le secteur automobile. L’Europe veut créer une production domestique, mais il faudra du temps pour que les usines sortent de terre.

Au début de la crise du Covid-19 dans les premiers mois de 2020, la question de la souveraineté industrielle de la France et de l’Europe s’est posée vivement dans la sphère politique et le grand public. Elle a d’abord été mise en avant pour les masques, les médicaments, l’agroalimentaire… Mais 18 mois plus tard, c’est le secteur industriel qui s’empare de cette question au niveau européen. Il alerte sur l’approvisionnement en semi-conducteurs.

Ces derniers jours, l’usine Toyota de Onnaing, près de Valenciennes, a dû ralentir sa production en raison des livraisons insuffisantes de puces depuis l’Asie. Une péripétie qui s’est répétée à plusieurs reprises cet été dans le secteur automobile partout dans le monde, chez Tesla, Volkswagen, Stellantis, etc. À tel point que ces pénuries devraient entraîner une baisse de la production de voitures de cinq millions d’unités en 2021. Invité à la rencontre des entrepreneurs de France 2021, organisée par le Medef, Thierry Breton, Commissaire européen au Marché intérieur a tiré la sonnette d’alarme.

Il explique que le continent ne produit que 10 % de la production mondiale de semi-conducteurs, contre 40 % il y a trente ans. Elle est largement dépendante de fournisseurs situés en Corée du Sud, avec Samsung (qui prévoit presque 200 milliards d’euros d’investissement dans les deux ans à venir), et à Taïwan, avec le leader mondial TSMC. Cette dernière source d’approvisionnement est toutefois fragile en raison de l’insatiable appétit de l’ogre Chinois pour la petite île. La production de ces sites industriels a été affectée par les différentes vagues du Covid-19, et les besoins croissants de puces dans le secteur automobile, de la téléphonie et de l’informatique a amené des manques.

Des usines en 2023 ou 2023

Les États-Unis sont dans la même situation de dépendance mais les investissements ont déjà commencé pour se doter d’une vraie production domestique, en redonnant du poids à Intel. En Europe, même en Allemagne, les décisions d’investissements tardent à venir. Estimées à des dizaines de milliards de d’euros, elles sont attendues pour le second semestre 2021. Ce qui signifie que les complexes usines de semi-conducteurs – hautement techniques et équipées de salles blanches – ne sortiront de terre qu’au mieux en 2023 ou 2024. Un délai important alors que les besoins croissent et que la technologie en matière de miniaturisation fait des bonds de géant.

Thierry Breton ne fixe toutefois pas à l’Europe un objectif d’autarcie technologique. Pour garantir son indépendance industrielle, l’Europe doit de représenter 30 % de la production mondiale. Cela lui donnera un poids suffisant pour être influente sur ses fournisseurs extra-européens. En ce sens, elle a annoncé en juillet la création de deux nouvelles alliances pour les processeurs et les semi-conducteurs, au sein desquels on retrouve du Français Soitec ou du Franco-italien STMicroelectronics. La France devrait répondre à ce besoin via l’annonce en septembre d’un plan d’investissement (de 20 à 30 milliards d’euros) qui vise “créer de nouvelles filières industrielles”, selon Bruno Le Maire.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

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