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Sous la pression des “rebelles” d'HEC, la Grande Ecole de Commerce prend un virage écologique ambitieux

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Camille Fournier remise diplome hec

Publié le 16 juin 2022

Après l’appel à bifurquer des ingénieurs d’Agro Paris Tech, les “rebelles” d’HEC ont fait des interventions remarquées lors de la remise des diplômes. Ils invitent étudiants, entreprises et professeurs à assumer leur position face à la crise écologique. Déjà impliqués dans la revue de l’ensemble des cours pour la rentrée 2023, les étudiants restent en première ligne des transformations.

Les étudiants d’HEC maintiennent la pression. “Quel rouage serez-vous ?” a interrogé l’étudiante Anne-Fleur Goll lors de la cérémonie de remise des diplômes, jeudi 9 juin, forçant l’assemblée composée d’étudiants, entreprises et professeurs à choisir leur camp dans la vie professionnelle des 40 prochaines années. “Les business as usual, qui imaginent que le changement climatique est un sujet parmi d’autres” ? Ceux qui ont conscience du problème” mais qui “continuent à mener leur vie, avec un vague sentiment de culpabilité” ? Ou bien “ceux qui vont jusqu’au bout de cette transition nécessaire”

Ces messages prononcés par plusieurs étudiants sont une piqûre de rappel à l’heure où l’école entame une profonde réforme, révisant tous les cours un par un pour une application à la rentrée 2023. “Il y a un alignement de la hiérarchie. Les deux doyens associés et le nouveau directeur, Eloïc Peyrache, veulent mettre la durabilité au cœur des programmes de l’école”, s’enthousiasme Julie Thines, directrice des études de niveau licence et master. Elle relève la forte influence de l’association étudiante esp’R. “Invités dans les comités exécutifs, ils présentent des sujets, comme le Positive Impact Rating, une nouvelle manière d’évaluer les écoles avec l’impact sur la société en tête. Ils nous poussent à nous questionner”, poursuit la directrice des études. “Il faut des activistes. Charge à nous de transformer leur audace en action.”

Revoir les enseignements en profondeur

Mais changer les cours n’est pas si simple. Les professeurs doivent revoir en profondeur leurs enseignements sans sacrifier la rigueur scientifique. “Il faut s’approprier la littérature existante, observer les évolutions à l’international, en parler entre pairs…”, nuance la directrice des études. Pour susciter leur adhésion, HEC mise sur une acculturation progressive en intégrant les sujets environnementaux dans tous les cours, dès la rentrée 2023. La directrice des études travaille également à la création d’un séminaire entièrement destiné aux professeurs. Actuellement, le nouveau certificat “Climate and business”, composé de 5 semaines intensives sur les limites planétaires et les business model de l’économie circulaire, destiné aux étudiants en fin d’études, a été rendu accessible aux enseignants volontaires.

Pour aller plus vite, HEC a créé de nouveaux modules obligatoires et des électifs. En début de cursus, un nouveau cours obligatoire “Enjeux planétaires” de 18 heures présente les modèles de décroissance, les scenarii de l’ADEME sur la sobriété et le concept de l’entreprise régénératrice. Des sujets de prospective qui ont pour but de nourrir les réflexions des étudiants tout au long de leurs études. Pour prendre conscience des impacts du changement climatique, tous les étudiants réalisent un séminaire à Chamonix suivi de discussions avec des scientifiques de renom : Gilles Bœuf sur la biodiversité, François Gemenne sur l’impact du climat sur les migrations et Philippe Bihouix sur la raréfaction des ressources et les limites des technologies. Enfin, les électifs sur la durabilité passent de 5 en 2020 à au moins 10 à la rentrée 2023, sur une centaine de disponibles.

“Une réelle évolution”

“Il y a eu une réelle évolution” note Adam Melki, président d’HEC Transition, l’association alumni dédiée à la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité. Il a notamment initié une lettre ouverte signée par près de 2000 étudiants et anciens élèves en 2021, demandant un nouveau directeur engagé pour la transition. Il reste toutefois dans l’attente de la rentrée 2023 pour se prononcer sur l’adéquation des transformations avec les ambitions annoncées.

Fanny Breuneval

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