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Sous le bitume, les arbres : les villes se réaménagent pour lutter contre la chaleur

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ville parc urbain ilot chaleur CCO

Publié le 23 juillet 2022

ENVIRONNEMENT

Les épisodes de fortes chaleurs et de canicules poussent les municipalités à revoir leurs aménagements urbains. Pour lutter contre le phénomène des îlots de chaleur, de plus en plus de villes décident de faire sauter le bitume, pour le remplacer par des espaces naturels, des parcs ou des forêts urbaines. Alors que le béton et le bitume emmagasinent la chaleur et la restituent la nuit, les sols naturels restent plus frais et conservent l’humidité. Novethic a sélectionné cinq exemples de villes qui restaurent la nature.

Les épisodes de chaleurs extrêmes vont se multiplier en France, en raison du changement climatique. Les villes y sont particulièrement exposées et rendues presque invivables par le phénomène des îlots de chaleur, qui se traduit par des températures plus élevées dans les centres-villes que dans les périphéries. L’une des principales causes tient non seulement aux matériaux employés pour la construction des bâtiments et des infrastructures, qui emmagasinent la chaleur le jour et la restituent la nuit, mais aussi à leur forte emprise au sol qui laissent peu de place à la végétalisation. Plusieurs villes commencent depuis quelques années à revégétaliser l’espace urbain, en retirant le bitume pour le remplacer par des sols naturels.

Lille casse le goudron des cours d’école

La ville de Lille a décidé de transformer les cours de récréation de ses 79 écoles en espaces naturels. Elle “débétonnise” pour remplacer le goudron en partie par des espaces en pleine terre. Cet été, c’est l’école Desbordes-Valmore qui est en travaux. La cour de récré sera désormais constituée de matériaux perméables, d’arbres, d’aires de jeu et d’un coin pour apprendre en extérieur. “On prépare nos futurs îlots de fraîcheur”, déclare sur Twitter Stanislas Dendievel, adjoint à la mairie de Lille en charge de l’urbanisme. La végétalisation des cours d’école se généralise dans de nombreuses villes, notamment à Paris qui a déjà végétalisé plus de 70 cours d’écoles.

Metz fait pousser une forêt urbaine

Une forêt au cœur de la ville. C’est ce qu’envisage la ville de Metz, qui a réservé un terrain de deux hectares pour cela. Cette ancienne friche militaire a été débétonnée et va faire l’objet d’un programme de plantation d’une trentaine d’espèces d’arbres et arbustes sur les prochaines années. La ville a passé un partenariat avec l’entreprise Trees Everywhere. Et elle a signé un contrat d’Obligation réelle environnementale (ORE). Un dispositif créé par la loi sur la biodiversité de 2016, qui engage la commune pendant 60 ans à préserver cette forêt urbaine.

Nantes s’équipe d’un débitumeur

La ville de Nantes va faire sauter le bitume ! Le conseil municipal de juin dernier a voté un “Plan pleine terre”, dont l’objectif est de restaurer au moins sept hectares de sols naturels, capables de rafraîchir la ville et de laisser l’eau de pluie s’infiltrer. Pour symboliser ce plan, la ville a fait appel à Jean Jullien, l’artiste originaire de Nantes. Il a installé en centre-ville une statue intitulée “le Débitumeur”, un personnage coloré qui soulève et enroule un tapis de béton, pour laisser la place à la végétation.

Alès lance les travaux d’une rue jardin

La Grand’Rue Jean Moulin, à Alès, va changer de visage. L’agglomération a lancé des travaux pour détruire la dalle et les passerelles en béton qui ornaient cette rue proche du centre-ville, afin de les remplacer par des végétaux. Le réaménagement de cette rue vise à réduire la place de la voiture pour augmenter les espaces naturels, de quoi assurer notamment une meilleure maîtrise de la chaleur. Une véritable métamorphose, selon le président de l’agglomération d’Alès, dont l’objet est de créer “une rue jardin, un espace de vie avec des logements rénovés, dégoudronné, respirable faisant la part belle aux piétons et au mobilités douces“.

Toulouse, cinq ans pour restaurer les sols de l’île du Ramier

L’Île du Ramier, sur la Garonne, va changer de visage. Située proche du centre de Toulouse, l’île fait l’objet d’un programme soutenu par des fonds européens qui vise à végétaliser la ville. Près de 10 hectares de bâtiments et de parkings vont être détruits pour être remplacés par des parcs et jardins. La circulation sur l’île devrait également être atténuée pour réduire la pollution et le bruit. La métropole toulousaine espère réduire de 3°C la température sur l’île grâce à la végétation. Entamé en 2020, le projet devrait aboutir d’ici 2025.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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