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Stratégie de prévention santé/sécurité : comment la mettre en place ?

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Là où les entreprises ont l’habitude de formaliser des plans d’action pour tenter de réparer les dommages liés aux risques professionnels, la prévention primaire cherche à supprimer ces risques à la source. Il s’agit de concevoir de manière plus ambitieuse une entreprise qui prend en compte les enjeux de santé des salariés. En effet, l’objectif est d’engager une réflexion plus en profondeur. Il faut dépasser la prévention secondaire, qui consiste uniquement à prémunir les salariés des risques par la mise en place de protections individuelles.

Sommaire de l’article:

Définir le risque professionnel à prévenir.

La notion de « risque professionnel » englobe 3 catégories principales de risques. Des risques plus anciens dans l’entreprise comme les accidents de travail (inclus les accidents de trajet) et les maladies professionnelles.

On associe généralement, à tort, ces risques à une problématique physique pour le salarié (amputation, cancer…). À tort, car un accident du travail peut uniquement laisser des séquelles psychologiques dans certaines situations. Imaginez un guichetier victime d’un braquage à main armée. Il rentrera peut-être chez lui sans aucune ecchymose, mais avec un stress post-traumatique qui l’empêchera de dormir pendant plusieurs semaines.

Ces dernières années, de nouveaux risques ont fait leur apparition, ceux que l’on nomme risques psychosociaux. Que l’on soit bien clair, ces risques ne sont pas nouveaux en tant que tels. Ils commencent plutôt à être reconnus comme source de souffrance pour un salarié, en lien avec son travail. On ne les retrouve pas encore dans les tableaux de maladies professionnelles, mais plutôt comme facteurs liés au harcèlement.

On citera le plus connu : le burn-out (ou épuisement professionnel) qui résulte d’un stress chronique au travail. Mais le bore-out (ennui professionnel) et le brown-out (perte de sens au travail) guettent.

Les acteurs liés à la prévention des risques professionnels.

Les acteurs internes à l’entreprise.

La mise en place d’une démarche de prévention est portée par plusieurs acteurs clés au sein de l’entreprise. Cependant, pour porter ses fruits, elle doit être communiquée, comprise et appliquée par tous les salariés, sans distinction.

Le premier acteur interne incontournable est le salarié ” Sauveteur Secouriste du Travail (SST) “, présent dans toutes les entreprises. Le SST, outre son rôle de secours, possède également une mission liée à la prévention en entreprise. En effet, il est bien souvent un maillon opérationnel de choix dans la gestion et l’analyse des situations à risque. Il peut notamment intervenir pour une analyse d’accident de travail. Ou encore participer à un groupe de réflexion sur le choix de nouveaux équipements de protection individuelle.

Le second acteur interne incontournable est le ” Comité Social et Économique (CSE) ” qui doit être consulté annuellement par l’employeur sur les actions de prévention en matière de santé et de sécurité, ainsi que sur les conditions de travail. Selon la taille de l’entreprise, le CSE peut se doter d’une commission spécialisée dans les thématiques de santé/sécurité. Elle se nomme ” Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) “.

Le CSE est généralement sollicité pour l’évaluation des risques auxquelles peuvent être exposés les salariés de l’entreprise. Il intervient également dans la lutte contre les harcèlements ou encore en détection des risques psychosociaux.

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Les acteurs externes à l’entreprise.

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Pour mettre en place sa démarche de prévention, l’entreprise peut également s’appuyer sur des acteurs externes.

Le premier acteur externe incontournable est le Service de Santé au Travail. Outre son interaction avec l’entreprise dans le cadre du suivi médical, ce service peut également intervenir lors de campagnes de prévention. On citera par exemple des sensibilisations au travail en extérieur par forte chaleur ou aux risques de la sédentarité.

Ces actions se matérialiseront sous la forme d’affichages ou encore de réunions d’information salariés/employeurs. Le service de santé pourra aussi réaliser des interventions pour le compte de l’employeur : suivi de la fiche d’entreprise, campagne de mesure de l’exposition au bruit…

Le second acteur externe incontournable se matérialise sous la casquette des organismes de formation. En effet, ils permettent par exemple le déploiement d’une formation Gestes et Postures. Ils sont également là pour conseiller l’employeur dans le choix des CACES nécessaires à l’activité ou pour déterminer l’habilitation électrique la plus appropriée. Leur certification Datadock/Qualiopi permet à l’employeur de garantir des formations conformes au cahier des charges des organismes tels que l’INRS ou la CARSAT.

Enfin, on peut identifier un troisième acteur externe représenté par l’ensemble des entreprises prestataires et sous-traitantes à notre organisation. En effet, l’article R4512-7 du Code du Travail impose la rédaction d’un plan de prévention selon la nature et le volume des interventions prévues. Il sert à prévenir les risques liés à l’interférence entre les activités des différentes entreprises présentes sur un même lieu de travail. De plus, il indique quelles actions de prévention sont à mener pour limiter les dangers de la coactivité.

Le DUERP : un outil incontournable pour agir.

Outre son caractère légal dans toutes les entreprises, le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels est un véritable outil opérationnel pour cartographier les risques et décider des actions correctives à entreprendre. Son objectif est de viser l’amélioration des conditions de travail par la prévention des risques professionnels.

Le DUERP est un inventaire des risques identifiés au sein de l’entreprise. Un système de cotation permet ensuite une classification des risques par priorité. Cette classification sert ensuite à hiérarchiser les mesures à mettre en place. En effet, la rédaction du DUERP ne s’arrête pas à un listing de risques potentiels pour les salariés. Sa plus-value réside dans la mise en place d’un plan d’actions pour faire disparaître le risque. Cette situation n’étant pas souvent atteignable, on cherche néanmoins à s’en rapprocher le plus possible.

Véritable processus itératif, le DUERP est un document vivant à actualiser aussi souvent que nécessaire :

  • À chaque identification d’un nouveau risque (gestion de la pandémie Covid-19 par exemple).
  • Lorsque la cotation d’un risque évolue suite à la mise en place d’une action corrective.

Conseil de l’experte :

Si vous craignez le syndrome de la page blanche, sachez que vous pouvez vous appuyer sur votre service de santé au travail pour cette démarche. En effet, à travers la fiche d’entreprise, votre médecin procède d’ores et déjà à un recensement des risques professionnels propres à votre entreprise.

Les impacts de la prévention pour l’entreprise.

Une étude d’août 2020 de la DARES met en évidence une corrélation positive entre la prévention et les performances économiques des entreprises en France.

Une démarche de prévention, co-construite et partagée, permettra de faire émerger une nouvelle organisation de travail au sein de l’entreprise. Améliorer les conditions de travail, au service de la santé et de la sécurité des salariés, passera par plusieurs actions.

On pourra notamment citer une réflexion autour de la manière de créer un produit ou de proposer un service. Il s’agira également de développer la polyvalence des salariés, afin de diversifier leurs tâches et diminuer la pénibilité. Des appareils d’aide à la manutention existent déjà dans de nombreuses industries par exemple. Mais la prévention sert également d’espace de recherche pour le futur, avec l’apparition d’exosquelettes pour prévenir des mauvaises postures.

Cumulées, toutes ces petites attentions à la santé de vos collaborateurs auront un impact fort sur votre taux d’absentéisme. En effet, un collaborateur protégé sera davantage motivé pour venir à son travail. Il se sentira bien physiquement et moralement pour davantage de productivité.

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