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Taxes et marchés carbone : les recettes ont bondi en un an mais l’impact sur le climat reste encore faible

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Publié le 29 septembre 2022

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

La tarification du carbone progresse au niveau mondial. Selon les dernières données compilées par l’institut I4CE, les recettes ont bondi de 80 % en un an mais cette apparente bonne nouvelle cache de nombreuses disparités. Novethic vous explique tout en une infographie.

Elles frôlent désormais les 100 milliards de dollars. Les recettes liées aux mécanismes de tarification du carbone ont explosé en 2021, avec une hausse de 80 % sur un an. C’est ce que révèle le nouveau bilan dressé par I4CE. Au 1er août 2022, l’organisme recensait ainsi 68 mécanismes de tarification du carbone (taxes ou quotas échangeables – Emissions Trading Schemes ETS) à travers le monde. Et les juridictions (pays ou provinces) couvertes par ces mécanismes représentent désormais plus de 70 % du PIB mondial.  

La tarification du carbone relève du principe du pollueur-payeur pour les gaz à effet de serre. Elle est mise en place sous la forme d’une taxe carbone ou d’un système d’échange de quotas d’émissions également appelés “permis de polluer”. Elle permet ainsi de prendre en compte les dégâts que les émissions de gaz à effet de serre provoquent dans l’atmosphère et le coût réel qui en incombe à la société, et vise à limiter le changement climatique.

Infog marchés carbone 3

Un cinquième des émissions de gaz à effet de serre couvertes

Mais si ces mécanismes commencent en effet à se généraliser, il y a en réalité de grandes disparités dans leur application. Ainsi, le prix de la tonne de CO2 équivalent (tCO2eq) varie de 0,01 dollar (en Basse Californie, au Mexique) à 134 dollars (en Uruguay). Et pour plus de 60 % des émissions de gaz à effet de serre couvertes, les prix restent inférieurs à 10 dollars (8 euros) par tonne de CO2eq, ce qui est insuffisant. La Commission de Haut Niveau sur les prix du carbone, présidée par Nicholas Stern et Joseph Stiglitz, estime en effet que le plein effet d’incitation de ces mécanismes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est atteint pour des prix entre 40 et 80 dollars/tCO2eq en 2020 et 50 à 100 dollars/tCO2eq en 2030. On en est donc encore loin.

Autre écueil, la part des émissions réellement couvertes. En théorie, l’ensemble des juridictions mettant en œuvre un prix du carbone représente environ 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais, en raison d’exonérations appliquées à certains secteurs ou populations, ce ne sont en réalité que 20 % des émissions qui sont couvertes par un prix du carbone. La couverture des secteurs est également très disparate, l’énergie arrivant largement en tête avec 45 % de ses émissions couvertes, mais seulement 18 % dans l’industrie et aucune dans l’agriculture.

Enfin, la hausse inédite de 2021 est très largement tirée par l’augmentation des prix des quotas sur le marché carbone européen. Ces derniers ont dépassé pour la première fois le seuil symbolique des 100 euros/tCO2 à l’été 2022. Et pour la première fois, ce sont les ETS qui fournissent la majorité (70 %) des revenus et non plus les taxes (30 %). De nombreux pays, parmi les plus émetteurs, n’ont en outre pas encore adopté de tarification du carbone. Mais le mécanisme d’ajustement carbone aux frontière (MACF), que l’Union européenne, souhaite mettre en place pourrait changer la donne et encourager certains de ses partenaires commerciaux à franchir le pas.

Concepcion Alvarez @conce1

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