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TotalEnergies, SNCF, Chronodrive… la crise sociale menace face à l’inflation

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Aeroport greve

Publié le 27 juin 2022

Les appels à la grève se multiplient alors que l’inflation devrait approcher les 7 % en fin d’année, selon l’Insee. Après l’échec de négociations salariales, les employés de plusieurs secteurs comme l’agroalimentaire, l’énergie ou encore des transports engagent un bras de fer avec leurs dirigeants pour obtenir des hausses de rémunération. Ces demandes sont exacerbées par le soutien financier public attribué pour soutenir les entreprises au plus fort de la pandémie et des promesses d’augmentation non tenues.  

La crainte de tous les gouvernements depuis quelques mois commence à devenir une réalité : des mouvements sociaux éclatent dans plusieurs secteurs. Des appels à la grève ont ainsi été lancés avec pour revendication principale un meilleur partage de la richesse créée. La CGT a appelé les 35 000 salariés du groupe TotalEnergies à faire grève dès le 24 juin. Le syndicat prévoyait des débrayages dans plusieurs raffineries du pays, en raison de l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat. Les 3 200 salariés du réseau Argedis, filiale à 100 % du groupe, qui gère 185 stations-service TotalEnergies dans toute la France, sont en première ligne. Ils sont “les plus mal payés de la Compagnie TotalEnergies“, selon la CGT. Ainsi, “80 % des salariés du collège employés (du réseau Argedis) perçoivent moins de 1 500 € et sont éligibles à la prime d’activité ”, dénonce le syndicat. 

Des revendications identiques montent aussi à la SNCF. Les syndicats du transporteur ferroviaire, CGT-Cheminots, SUD-Rail et la CFDT, ont appelé les cheminots à se mettre en grève le mercredi 6 juillet. “Les cheminots sont durement touchés” et “subissent un recul net et fort de leur pouvoir d’achat“, justifient l’intersyndicale. Les cheminots demandent “des mesures de rattrapage salarial de l’inflation“.

Les salariés les plus précaires se mobilisent

Et les revendications s’étendent petit à petit à d’autres métiers. Comme le transport et la logistique qui s’apprêtent à engager un bras de fer, selon le syndicat FO. Quatre organisations syndicales appellent les 790 000 salariés de la branche à “une première mobilisation pour exiger des hausses de salaires” le 27 juin. Cela concerne le transport routier de voyageurs, de marchandises, de fonds et de valeurs, le transport sanitaire et le déménagement.

Le secteur de la distribution n’est pas en reste. Le groupe Mulliez est notamment concerné : après Auchan, c’est au tour de salariés de Chronodrive d’engager un mouvement de grève, un secteur où les salariés sont souvent plus jeunes et précaires. Il y a quelques semaines, Amazon était aussi touché : en France, tous les entrepôts du géant du commerce en ligne ont été bloqués par des mobilisations salariales en avril dernier.

Cette colère sociale des salariés ne se limite pas à la France. Le Royaume-Uni, notamment, connaît depuis plusieurs jours une grève historique du transport ferroviaire. Elle pourrait être rejointe par le transport aérien, les syndicats de British Airways prévoyant de faire grève pendant les vacances scolaires. L’inflation, encore plus marquée outre-Manche, attise la grogne des salariés qui demandent des revalorisations de salaire. En France, la hausse des prix atteint 5,2 % en mai sur un an, selon les derniers chiffres de l’Insee, son plus haut niveau depuis 37 ans. Pire, elle devrait être de 6,8 % à la fin de l’année selon l’institut de la statistique. Des chiffres bien au-dessus des revalorisations de salaires. Le salaire minimum a augmenté le 1er mai de 2,65% et 5,6% depuis le début de l’année.

Des entreprises aidées et profitables

Plus globalement, les salaires ont progressé entre 2,5 % et 3,5 % en fonction des branches depuis janvier, selon la Banque de France. En pratique, l’État prend en charge une partie du coût de l’inflation avec des mesures du type chèque inflation, plafonnement des prix de l’électricité, ou baisse du prix du carburant. Mais ces mesures ne compensent pas la hausse des prix.

Syndicats et ONG pointent par ailleurs l’indécence de certaines entreprises qui rechignent à augmenter les salaires alors qu’elles ont bénéficié de soutien public au moment des confinements. La CGT s’indigne ainsi que les salariés d’Argedis touchent la prime d’activité et donc de l’argent public, alors que le groupe “engrange des bénéfices à outrance“. L’énergéticien a réalisé un bénéfice de 16 milliards de dollars, soit 15,2 milliards d’euros, en 2021. Les représentants syndicaux ont eu l’occasion d’aborder le sujet devant le PDG, Patrick Pouyanné dont la rémunération atteint 5,9 millions d’euros en 2021, en hausse de 52 % sur un an.

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