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Transition énergétique : l’enjeu désormais incontournable de la sobriété

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Publié le 02 novembre 2021

“Retour à la bougie”, “modèle amish”, “dogme”. La sobriété énergétique est encore aujourd’hui victime de nombreux clichés. Longtemps fer de lance de l’association NégaWatt, la notion de sobriété s’immisce désormais jusque dans les rapports des institutions de référence, comme le gestionnaire du réseau électrique de transport d’électricité en France (RTE) ou l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). 

Avec la flambée des prix du gaz et de l’électricité, un concept a été propulsé sur le devant de la scène ces dernières semaines : la sobriété énergétique. Un concept qui prône une réduction de notre consommation globale d’énergie par le biais d’une transformation de nos modes de vie et du fonctionnement de nos sociétés. Dans ce contexte, le cinquième  rapport de l’association Négawatt tombe à pic. Depuis sa création il y a vingt ans, l’organisation élabore des scénarios pour réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles et au  nucléaire en s’appuyant sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, mais aussi et surtout la sobriété.  Dans ses derniers travaux publiés le 26 octobre, NégaWatt table sur une réduction de la consommation d’énergie de 53% d’ici 2050. Un objectif qui coïncide avec la stratégie nationale bas carbone de la France (SNBC) , feuille de route pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Dans un premier temps, NégaWatt mise sur l’ “efficacité énergétique”  c’est-à-dire la réduction de la quantité d’énergie nécessaire pour satisfaire un même besoin. Mais l’ambition ne pourra être atteinte  sans aller vers un mode de vie plus sobre, alerte Négawatt. L’association propose un ensemble de mesures pour y parvenir : développer massivement le télétravail, privilégier les transports en commun et le covoiturage plutôt que les déplacements individuels ou encore réduire sa consommation de viande. Un scénario qui conduirait à une demande en électricité de 530 KWh en 2050, et qui pourrait être satisfaite à 100% par les énergies renouvelables, plaide l’association.

La trajectoire sobriété de RTE

La notion de sobriété s’est immiscée jusque dans le très attendu rapport du gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France (RTE) sur les “Futurs énergétiques 2050” , publié le 25 octobre. Le gestionnaire a été missionné pour proposer plusieurs scénarios compatibles avec les objectifs de la SNBC, qui table sur une hausse de l’électricité de 35% d’ici 2050 (645 TWh). RTE a présenté six trajectoires allant de 100% renouvelables entre 2050 et 2060 à un mix électrique composé au maximum à 50% de nucléaire.

S’il n’était pas mandaté pour, RTE a néanmoins proposé en plus une trajectoire “sobriété” à 554 TWh, proche donc des estimations de NégaWatt. Dans les “enseignements” à tirer de ses travaux, RTE souligne qu’agir sur la consommation grâce à l’efficacité énergétique, “voire la sobriété” est “indispensable pour atteindre les objectifs climatiques” . Le scénario, exposé brièvement, doit prochainement faire l’objet d’une présentation plus détaillée. 

“Pas si étonnant”

Voir apparaître la sobriété dans un rapport de RTE n’est pas si étonnant, note Nicolas Raillard, chef de Projet au sein du Think Thank Shift Project. On ne peut plus couper à la sobriété. Plus on attend, plus on se rapproche de l’échéance de 2050, et plus il va falloir réduire les émissions de CO2 de façon rapide”. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a mis elle aussi pour la première fois en avant la sobriété pour atteindre l’objectif de zéro émissions net de CO2 dans son rapport publié en mai.

Un enjeu devenu majeur qui a désormais pris sa place les débats politiques. Si la notion de sobriété a traditionnellement été portée par les écologistes, comme aujourd’hui Yannick Jadot, elle infuse désormais jusque dans les rangs de la droite. Dans une tribune publiée fin septembre dans le Journal du dimanche, François Durovray, porte-parole du candidat aux élections présidentielles Xavier Bertrand (LR), a souligné que l’ “écologie de progrès” portée par la droite s’appuie sur trois piliers : la décarbonation, le localisme, et la sobriété.

Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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