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Un nouveau plan, doté de 250 millions d’euros, vise à faire de la France “la nation du vélo”

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plan velo france unsplash

Publié le 24 septembre 2022

Le plan vélo, dont le succès n’est plus à démontrer, est prolongé. En 2023, ce sont 250 millions d’euros qui vont être débloqués pour soutenir les aides à l’achat de bicyclettes, développer les aménagements cyclables ou encore former les plus jeunes à la pratique. Le dispositif, qui fête son quatrième anniversaire, devra également répondre aux enjeux des territoires ruraux. Un bon début salué par les associations qui militent toutefois pour la mise en place d’un “plan Marshall pour le vélo”, avec des investissements beaucoup plus importants.

Le gouvernement passe à la vitesse supérieure. Matignon a annoncé mardi 20 septembre le lancement d’un second plan en faveur de la petite reine pour faire de la France une “nation du vélo“. Abondé de 250 millions d’euros pour la seule année 2023, il prend la suite du plan vélo lancé en 2018 par Élisabeth Borne, alors ministre des Transports. Ce dernier, doté de 350 millions d’euros sur 7 ans auxquels s’étaient ajoutés 150 millions du plan de relance, a vu ses crédits “dépensés en seulement quatre ans“, a déclaré Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique.

Un véritable succès : le vélo est devenu en 2021 “le moyen de transport le plus vendu” grâce aux aides à la réparation et à l’acquisition, a précisé la Première ministre Élisabeth Borne. Plus de 2,7 millions de vélos ont été achetés selon les chiffres de l’Union Sport & Cycle, faisant bondir le marché de 43 % en valeur, en seulement deux ans. Mais pour atteindre l’objectif portant à 9 % la part des déplacements faits à vélo d’ici 2024, le gouvernement souhaite “aller plus loin“. 

Ce deuxième plan permettra de poursuivre les aménagements cyclables, 200 millions d’euros étant dédiés aux infrastructures et 50 au stationnement. Les aides à l’acquisition de vélos seront maintenues et 800 000 jeunes devraient être formés au “savoir rouler à vélo“. La Première ministre entend également structurer une filière française de la bicyclette, valorisant assemblage, recyclage et réparation. Enfin, un comité interministériel sur le vélo se réunira tous les six mois. Pour les années suivantes, le gouvernement développera ses intentions dans la feuille de route sur la planification écologique, selon Christophe Béchu. 

Lancer la dynamique en territoire rural

La priorité se porte maintenant sur les zones rurales et périurbaines, dont les infrastructures cyclables sont encore peu développées. Selon le dernier bulletin de l’association Vélo et Territoire, entre janvier et septembre 2022, le nombre de déplacements à vélo a progressé de 33 % en ville par rapport à 2019, contre seulement 15 à 16 % sur le reste du territoire. “On a vraiment impulsé cette dynamique dans les villes. Notre défi des années à venir c’est de démontrer que le vélo peut être aussi un mode de déplacement dans les territoires ruraux“, reconnaît la Première ministre.

Elle souhaite à cet égard que le fonds vélo pour 2023 soit “un levier de partenariats avec les collectivités” et que les volets mobilité des contrats de plan qui vont être discutés à l’automne puissent intégrer par exemple des itinéraires vélo. Un dispositif salué par Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). “L’enjeu c’est de faire bénéficier du vélo à l’ensemble du territoire (…). Cela passe par des itinéraires hors agglomération et par l’intermodalité, c’est-à-dire sur des trajets plus longs, pouvant combiner facilement le vélo et les transport en commun ou le covoiturage“, a-t-il expliqué sur le plateau de France Info.

Un objectif ambitieux

La volonté est là, mais les financements sont-ils suffisants ? “C’est mieux, mais encore loin du compte” écrit Thibault Quéré, Responsable du plaidoyer de la FUB, dans un fil Twitter. Il y partage l’appel à la mise en place d’un “plan Marshall pour le vélo” nécessitant 2,5 milliards sur cinq ans, co-signée par la climatologue Valérie Masson-Delmotte et Olivier Schneider dans le journal Le Monde. “Rien que jusqu’à fin 2023, le besoin s’élève à 435 millions d’euros” estime-t-il. 

De son côté, l’Ademe recommande dans un rapport publié en avril 2020, un investissement de 30€ par an et par habitant, soit environ 2 milliards d’euros par an, pour établir une politique cyclable efficace permettant l’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement. Un faible coût comparé aux dépenses liées aux politiques actuelles de transports “route” et de transports en commun, allant de 168 € à 260 € par an et par habitant. 

Florine Morestin avec AFP

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