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Une carte pour découvrir des maisons et jardins extraordinaires façonnés par des gens ordinaires

Vaisselle cassée, coquillages, mosaïque… Autant d’éléments qui ont été utiles à des artistes du dimanche, pour transformer ou construire leur lieu de vie. Des architectures atypiques, façonnées par des “habitants paysagistes”. Un terme inventé par l’architecte Bernard Lassus, en 1977, pour qualifier le travail artistique de ces décorateurs amateurs; qui ont sublimé leur maison grâce à des déchets ou des objets de récupération. 

Le LaM, musée d’Art moderne de Villeneuve-d’Asq, a élaboré une carte qui répertorie plus de 100 de ces sites existants en France et Belgique. Mais aussi ceux qui ont disparu. 

carte maisons extraordinaires
(Crédit : LaM)

L’œuvre la plus connue est le Palais idéal du facteur Cheval. Initiateur du mouvement, Ferdinand Cheval (1836-1924) s’est inspiré de la nature; ainsi que des cartes postales et magazines qu’il distribuait dans ses tournées. Sa construction, à Hauterives (Drôme), entre art brut et art naïf, a été classée monument historique par André Malraux en 1969. Chaque année, le Palais est pris d’assaut par les touristes. Et l’histoire du facteur Cheval a même fait l’objet d’un film en 2017 (L’Incroyable Histoire du facteur Cheval, de Nils Tavernier) avec Jacques Gamblin. 

Des œuvres uniques sorties de l’imagination d’habitants paysagistes répertoriées sur une carte

Le LaM a fait le choix de répertorier ces œuvres, longtemps assimilé à de l’art pauvre.  “Documenter ces lieux par des publications, des photographies, des films, l’enregistrement de témoignages, s’avère nécessaire”, peut-on lire sur le site du musée.

Ces créations personnelles et artistiques ne répondent à aucune règle architecturale. De nombreux bâtiments ont de ce fait été rasés. 

“Parce qu’ils ont longtemps été considérés comme une manifestation du mauvais goût, comme des curiosités ou des excentricités, la destruction des sites d’habitants paysagistes s’est souvent imposée. Ces œuvres, développées sur des années, sont étroitement liées à la personnalité et à la vie quotidienne de leur auteur. Dès lors que celui-ci disparaît, l’œuvre est en péril en subissant rapidement le vandalisme, les intempéries”, explique le LaM. 

Exposition à Villeneuve-d’Ascq

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Raymond Isidore, dit « Picassiette », a utilisé plus de quatre millions de morceaux de faïence pour décoré sa maison. (Crédit : Shutterstock)

Le musée de la métropole de Lille dédie également une salle d’exposition à ces œuvres. Avec, par exemple, les bois sculptés de Theo Wiesen et les objets en mosaïques de Josué Virgili. 

“Il y a urgence à sauver – le maintien du site sur place est toujours à privilégier –, à restaurer dans leur matérialité ces réalisations. Mais aussi urgence à les documenter pour sauvegarder leur mémoire immatérielle. Le lien entre patrimoine physique et patrimoine immatériel apparaît indispensable pour assurer une meilleure représentation des sites d’habitants paysagistes qui font le lien entre art savant et art populaire”, explique le musée.

La carte répertorie aussi l’œuvre de Marcel Bernier qui avait peint les murs de son pavillon à Creil (Oise). Ou encore celle de Raymond Isidore, dit Picassiette. Lui a décoré sa maison avec des débris de verre, de vaisselle… et aussi 4 millions de morceaux de faïence. Une architecture classée monument historique en 1983 et labellisées Patrimoine du XXe siècle en octobre 2016. Des sites extraordinaires, pour une balade qui sort de l’ordinaire.


Cet article a été réalisé grâce au soutien de Leroy Merlin
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