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Vers la fin de l’âge d’or des smartphones

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Publié le 16 octobre 2021

Le marché du smartphone est en perte de vitesse. Si la 5G ou les smartphones pliables peuvent lancer une nouvelle dynamique, les innovations du secteur attirent de moins en moins. Entre des prix exorbitants et une prise de conscience environnementale, les consommateurs gardent de plus en plus longtemps cet objet désormais indispensable. Le secteur est ainsi appelé à se réinventer et à recentrer ses innovations vers plus de circularité et de durabilité. 

C’est l’objet dont on ne se sépare jamais. Continuellement dans notre poche, avec ses couleurs pastel dans l’air du temps, le smartphone nous sert à la fois d’ordinateur, d’appareil photo et de télévision. Depuis son lancement il y a plus de treize ans avec le premier Iphone de Steve Jobs, il est entré massivement dans nos vies. De 720 millions de smartphones vendus dans le monde en 2012, les ventes ont atteint 1,29 milliard en 2020. Si ce chiffre paraît colossal, les ventes ont pourtant subi un déclin. Un recul de 11 % par rapport à 2019 qui s’explique par les confinements à répétition dans le monde entier liés à la pandémie de Covid-19. Mais cette alerte pourrait être plus qu’un simple accident de parcours.

Déjà en 2018, le marché du smartphone a connu une année noire. Le cabinet d’étude IDC atteste que les ventes ont chuté de 4,1 %. Une baisse qui s’est poursuivie en 2019. En cause notamment, le prix de plus en plus élevé des smartphones mais aussi “une prise de conscience croissante des problèmes environnementaux et écologiques à travers l’Europe”, explique Jan Stryjak, analyse pour le cabinet Counterpoint. Les Français par exemple, gardent de plus en plus longtemps leur téléphone. De 23 à 40 mois, selon un rapport de l’Arcep, l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, qui attribue, elle aussi, en priorité, ce phénomène, à une prise de conscience environnementale. 

Une filière plus responsable

Il faut dire que depuis quelques années, l’impact carbone des smartphones est pointé du doigt. De la fabrication qui nécessite des kilos de métaux et terres rares comme le cobalt, le lithium, le cuivre ou le zinc en passant par l’utilisation très énergivore jusqu’à finir en déchet électronique polluant… cet objet semble moins propre qu’il n’y paraît. Est-ce à dire que l’ère du smartphone est finie ? Pour Fairphone, seule marque à concevoir des smartphones durables et réparables, c’est surtout la filière qu’il faut responsabiliser.

“Dans les années 80, on ne savait pas ce qu’était le commerce équitable. Aujourd’hui, des filières ont émergé pour le café et le chocolat notamment. Le secteur du smartphone peut suivre le même chemin”, croit Luke James responsable ventes et partenariats pour la marque. “L’innovation sur laquelle on doit se pencher aujourd’hui c’est celle de la réparabilité, du recyclage, de la durabilité”, avance-t-il. La marque espère influencer ses concurrents à prendre un chemin plus responsable. Ces derniers pourraient, de toute façon, être obligés de s’emparer de ces sujets. Si les ventes baisses, une autre menace pèse : celle de la pénurie de semi-conducteurs.

Le boom de l’occasion

Apple a déjà alerté d’une possible pénurie d’Iphone 13 à Noël et Samsung annonce de grosses difficultés à sortir ses modèles premium de la série Galaxy A. À cela s’ajoute un contexte géopolitique tendu, où la Chine qui alimente le marché mondial des métaux rares nécessaires à la fabrication des smartphones notamment, menace de fermer les robinets. Mis sous pression, les États-Unis et l’Union européenne mettent en place des stratégies pour réduire leur dépendance dans ce domaine. 

En attendant, c’est le marché de l’occasion qui profite de cet alignement. Si le marché est encore petit, il est en pleine croissance. 225,4 millions de smartphones d’occasion se sont vendus dans le monde en 2020, soit une hausse de 9,2 %. Un marché qui ne montre aucun signe de ralentissement.  

Marina Fabre, @fabre_marina

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