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Voyager bas-carbone, c'est possible : on vous explique comment en une infographie

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Publié le 27 avril 2022

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

Peut-on réellement voyager sans émettre trop de CO2 ? La réponse est oui selon le Shift Project, qui vient de publier son nouveau rapport sur la mobilité longue distance des Français, un secteur à 90% carboné. Mais pour réduire ces émissions de 5% par an jusqu’en 2050, le progrès technologique ne suffit pas. Il faut aussi modifier nos manières de voyager, et notamment se reporter vers le train. 

“Ne parier que sur les propositions technologiques augmente les risques de ne plus pouvoir voyager dans les décennies à venir”, annonce le nouveau rapport “Voyager bas carbone” du Shift Project, dont l’objectif est de réduire les émissions de CO2 de 5 % par an jusqu’en 2050. Voiture électrique, hydrogène, biocarburants, le scénario technoptimiste, qui repose seulement sur des améliorations techniques, ne suffira pas selon le think tank.

Du côté des biocarburants, pour satisfaire les besoins actuels de voyage en avion des Français, il faudrait cultiver l’équivalent de trois départements français. L’hydrogène, autre innovation très attendue, n’a pas sa place dans les vols long-courriers à cause de ses lourdes batteries. De plus, produire de l’hydrogène nécessite de l’électricité, une ressource déjà fortement utilisée par les voitures électriques et d’autres secteurs comme l’habitat ou l’industrie.

C’est une course contre le temps !”, s’exclame Béatrice Jarrige la cheffe de projet Mobilité Longue Distance du Shift Project. “Nous nous sommes appuyés sur des technologies déjà mûres, mais pas utilisées aujourd’hui. Les spécialistes s’accordent à dire que les nouveaux avions plus efficaces ne seront prêts qu’en 2040″ explique la responsable du rapport. 

Infographie voyages longues distance shift project redimensionne

Un scénario résilient

Faut-il pour autant arrêter de voyager ? Pas dans le scénario résilient, qui propose de diviser par 1,7 le besoin en énergie pour les mobilités longue distance, en se reportant vers les modes de transport les moins carbonés. Dans ce scénario, le train serait trois fois plus utilisé, remplaçant 30% des voyages en voiture et la moitié des vols court-courrier. Les vols long-courriers sont eux remplacés dans un tiers des cas par des voyages plus proches, en Europe, pouvant être réalisés en train. Mais pour changer les habitudes, il faut rendre le train attractif. Pour cela, de nouvelles offres de tourisme de proximité sont à inventer. La mobilité locale doit se développer, avec par exemple plus de possibilités de faire du vélo et de louer des voitures sur place. 

“Certaines de nos mesures permettent d’avoir des résultats dès le prochain quinquennat quand d’autres doivent être enclenchées rapidement pour avoir des effets démultiplicateurs dans les quinquennats suivants”, déclare le Shift Project. Les premières mesures demandées sont la réduction de vitesse des voitures, la formation à l’écoconduite et une limitation des voyages en avion pour les déplacements professionnels. Le rapport propose également la création d’une structure de gouvernance carbone du tourisme impliquant les acteurs de terrain. Enfin, l’électrification progressive de toutes les voitures, la création d’une “voiture sobre” idéale et la “la régénération du réseau ferroviaire” sont attendus.

Fanny Breuneval

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